Sommaire - Musiques - MAO - Connectique - Electronique - LogicielsDivers - Contacts - Liens - Glossaire - Historique

Electronique > Réalisations > Boite de direct 002 (active)

Dernière mise à jour : 21/08/2006

Présentation

Cette page présente un exemple de réalisation d'une boite de direct active, présentant une entrée asymétrique haute impédance pour instrument sur jack mono 6,35mm (un commutateur permet d'utiliser cette entrée sur une sortie HP) et une sortie symétrique basse impédance sur XLR mâle. Elle peut tirer son alimentation d'un couple de piles 9V, ou d'une alimentation Phantom (d'une console de mélange par exemple). Pour plus d'informations concernant l'utilité de ce type d'accessoire, merci de vous reportez à la page de Présentation de la boite de direct.

Le schéma

Cette boite de direct est basée sur l'emploi d'amplificateurs opérationnels (AOP) pour assurer une impédance d'entrée élevée tout en permettant une sortie symétrique.

DI active

Alimentation
Le fait que cette boite de direct soit active impose la présence d'une alimentation. Bien qu'il est possible d'utiliser une alimentation secteur dédiée, le choix s'est porté ici sur l'utilisation de piles 9V standards (piles rectangulaires format 6F22), ou sur l'utilisation d'une alimentation phantom. Le choix entre les deux sources d'alimentation s'effectue à l'aide de l'inverseur simple SW2, qui fait également office d'interrupteur général d'alimentation (en position alim phantom, la pile est totalement déconnectée). Les amplificateurs opérationnels utilisés nécessitent une alimentation symétrique pour fonctionner normalement. Une astuce consiste ici à utiliser une alimentation simple et à créer une tension de référence (VREF sur le schéma), qui servira de masse virtuelle. Cette tension de référence est élaborée à partir d'un banal pont diviseur constitué des deux résistances R11 et R12, d'égales valeurs. Une stabilisation par condensateurs (C9 à C12) permet à cette tension de référence de conserver une valeur qui fluctue le moins possible. Notez la présence d'un bouton poussoir SW3 "Test Alim" permettant en un coup d'oeil de s'assurer de la présence d'une tension d'alimentation suffisante pour le montage, en allumant la led D4 (de type faible consommation de préférence). Le cablage en continu de cette led n'est pas souhaitable pour économiser les piles, ou pour ne pas trop "tirer" sur l'alimentation phantom. La diode zener D1 de 24 V permet de limiter la valeur de la tension générale lorsque l'inverseur du choix d'alim est en position Alim phantom (48 V). Le courant circulant dans cette diode zener est limité à environ 3,5 mA par les résistances R9 et R10 de 6K8 chacune (il faut penser qu'il y a aussi deux résistances de 6K81 côté prise micro). Le courant cosommé par le TL072 est compris entre 1 et 2 mA, donc l'ensemble consomme grosso-modo 5 mA sans la led.

Entrée
L'entrée permet, selon la position de l'inverseur double SW1, de recevoir des signaux BF provenant d'une source haute impédance niveau ligne ou inférieur (SW1 en position haute sur le schéma) ou de recevoir des signaux BF provenant d'une source basse impédance de niveau élevé (SW1 en position basse sur le schéma). Dans les deux cas, un condensateur (C1) permet d'empêcher la tension continue provenant de VREF et passant par R1, de remonter vers la source. En même temps, ce condensateur évite toute tension continue éventuelle présente à la source, de venir décaller le point de fonctionnement du montage. L'impédance d'entrée est ici quasiment fixée par la valeur de R1, et avoisine ici les 700 KOhms.

Sortie
Le signal BF, après avoir traversé C1, arrive ensuite sur l'entrée non inverseuse de U1:A, monté en suiveur de tension : la sortie de cet AOP restitue en sortie la même chose que ce qu'il reçoit en entrée, mais sous basse impédance. Cette sortie constitue la moitié de la sortie symétrique, la sortie "positive". En même temps, cette sortie est routée vers un second AOP, U1:B, qui lui non plus n'apportera aucun gain, mais qui par contre va inverser la phase du signal. Ce second AOP fournit la seconde moitié de la sortie symétrique, à savoir la sortie "négative". Vous aurez sans doute remarqué la présence de plusieurs condensateurs sur la sortie de chaque AOP. Ces condensateurs sont bien sûr destinés à stopper la composante continue présente sur les sorties en question, puisque nous travaillons ici avec une alimentation simple et que la masse virtuelle VREF est égale à la moitié de la tension d'alimentation (les signaux BF évoluent autour de cette tension). En même temps, il n'est pas question qu'une alimentation phantom de 48 V parvienne sur ces sorties, elles n'aimeraient pas vraiment... Mais celà n'explique pas la présence de deux condensateurs polarisés montés tête-bêche. Rassurez-vous, la raison en est fort simple. Les condensateurs placés en sortie des AOP doivent être connectés avec le + côté prise XLR si le montage tire son énergie d'une alimentation phantom, mais doivent être connectés avec le + côté AOP si le montage tire son énergie d'une alimentation par pile. Comme il est plutôt compliqué de commuter le sens des condensateurs en utilisation "live", deux condensateurs sont mis ainsi en série (avec polarités inversées) pour constituer un condensateur non polarisé. Ajoutons que deux condensateurs montés ainsi en série, s'ils sont de même valeur, constituent un condensateur équivalent de valeur moitié à l'un des deux (deux condensateurs de 220 uF en série équivalent à un seul condensateur de 110 uF). Voilà ! Quant aux deux condensateurs C4 et C7, ils permettent juste une meilleurs réponse dans les fréquences élevées, et ne sont pas indispensables. Les résistances R6 et R7 permettent de limiter le courant de sortie des AOP en cas de court-circuit franc sur la sortie XLR. Diodes entre sortie AOP et +V : servent à protéger l'AOP contre l'apparition de tensions supérieures à la tension d'alim, susceptibles d'apparaitre à cause des condensateurs de liaison, lors de commutations de l'alim phantom.

Ground / Lift ?
L'interrupteur Ground / Lift brille par son absence... Un oubli ? Et non. Il est impossible ici de couper la masse de la sortie XLR, si le montage tire son alimentation d'une alimentation phantom, dont la référence est justement... la masse. A la limite vous pouvez ajouter un inter Ground / Lift  utilisable quand le montage fonctionne sur pile, à vous de voir. Notez cependant la présence d'un circuit RC parallèle qui "isole" partiellement la masse électrique du montage, de la broche 1 de la XLR. Ce n'est pas l'idéal j'en conviens, mais ça fonctionne tout de même dans de nombreux cas.

Choix des meilleurs composants à utiliser ?

Ah ! La bonne question !
Dans ce genre de réalisation, il faut être attentif à trois choses :
1 - La qualité audio propre des composants, dont l'AOP bien sûr, qui est particulièrement déterminant dans la qualité finale. Les résistances seront des modèles à couche métal, oubliez ici les résistances carbone.
2 - La consommation du montage doit être minime, qu'il puise son énergie dans une pile ou dans une alimentation fantome.
3 - La qualité de réalisation du circuit imprimé : le tracé des pistes de cuivre (comme dans beaucoup de montages audio ou HF) doit être refléchie. Il faut notement faire bien attention au routage des alimentations et des masses.
Choix de l'AOP ?
Le TL072 choisi ici n'est certe pas ce qui se fait de mieux, mais il consomme peu et présente tout de même des caractéristiques plus qu'honorables. Je vous invite à mettre un support de circuit intégré (un support CI de type Tulipe, pas de type Lyre) et à essayer le montage avec ce CI. Si vous souhaitez ensuite essayer d'autres AOP (NE5532, OP270 ou OPA2134 par exemple), rien ne vous en empêchera. Vous avez certes la possibilité de fouiller dans le détails des caractéristiques techniques de constructeurs (datasheets), mais il existe tellement de produits identiques sur le papier, et qui sonnent différement en conditions réelles d'utilisation...

Ajout d'une sortie LINK

La sortie LINK n'est ni plus ni moins qu'une prise cablée en parallèle sur l'entrée, et se retrouve donc sous forme asymétrique.

DI - Link

Ce type de reprise ne pose pas de problème si la prise Link est reliée sur l'entrée haute impédance d'un ampli guitare utilisé localement.