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Electronique > Théorie > Relais

Dernière mise à jour : 04/07/2007

Relais

Présentation

Un relais est un appareil électrique dans lequel un phénomène électrique (courant ou tension) contrôle la commutation On / Off d'un élement mécanique (relais électromécanique) ou d'un élement électronique (relais statique). C'est en quelque sorte un interrupteur que l'on peut actionner à distance, et où la fonction de coupure est dissociée de la fonction de commande. La tension et le courant de commande (partie "Commande"), ainsi que le pouvoir de commutation (partie "Puissance") dépendent du relais, il faut choisir ces paramètres en fonction de l'application désirée. Ainsi, il faut choisir des relais différents selon qu'il faut commuter des signaux audio ou des tensions ou courants importants. Comme la Commande peut être réalisée sous faible puissance (faible tension, faible courant), et que la partie Coupure peut commuter des puissances importantes, on peut dire que ce composant est un amplificateur de courant.
Le premier relais réellement "pratique" a vu le jour en 1837, grace à l'inventeur américain Samuel F.B. Morse (oui, celui qui a inventé le fameux alphabet Morse), qui lui-même s'est appuyé sur les travaux du physicien britanique Charles Wheatstone (oui, celui à qui l'on doit le fameux pont de mesure qui porte son nom).

Relais électromécaniques

Un relais électromécanique est doté d'un bobinage en guise d'organe de commande. La tension appliquée à ce bobinage va créer un courant, ce courant produisant un champs électromagnétique à l'extrémité de la bobine (il ne s'agit ni plus ni moins que d'un électro-aimant). Ce champs magnétique va être capable de faire déplacer un élément mécanique métallique monté sur un axe mobile, qui déplacera alors des contacts mécaniques.

Relais

Relais em

Sur la photo ci-avant, on voit nettement la bobine, constituée d'un très grand nombre de spires d'un fil de cuivre très fin. Quand cette bobine est parcourue par un courant suffisant, un champs magnétique attire la partie mobile vers lui (sur la photo, l'élement marqué Partie mobile se soulève), et déplace par le biais d'un axe, les contacts mécaniques situés à côté (sur la photo, les contacts mécaniques se déplacent vers la droite). Quand plus aucun courant ne circule dans la bobine, les contacts reprennent leur position de repos grâce à un ressort de rappel. Les connexions exterieures permettent simplement d'avoir accès aux fils de la bobine et aux contacts électriques solidaires des parties mécaniques mobiles.

Avantages du relais électromécanique

Inconvénients du relais électromécanique


Brochages de quelques relais électromécaniques

Il existe au moins deux normes où des lettres sont employées pour désigner les contacts :
- lettres C (Commun), R (Repos) et T (Travail).
- lettres COM (Common - Commun), NO (Normaly Opened - Normalement Ouvert), et NC ou NF (Normaly Closed, Normalement Fermé).
Les dessins suivants montrent la correspondance entre schéma électrique et boitier pour trois relais différents (il en existe beaucoup d'autres).

Relais 001aa Relais 001bb Relais 001cc

Relais 002a Relais 002b Relais 002c

Vous aurez sans doute remarqué que les deux dessins concernant les deux relais à double inverseur (RL2 et RL1) sont de formats mécaniques identiques, mais avec des brochages différents. Attention aux erreurs ! Dans tous les cas, quand la bobine est alimentée (le relais est alors en position travail), le contact s'établi entre les bornes C (COM) et T (NO), et quand la bobine n'est pas alimentée (le relais est en position repos), le contact s'établi entre les bornes C (COM) et R (NC ou NF). L'établissement des contacts entre eux se fait donc conformément au tableau ci-dessous :


Contact C-R
(COM-NC)
Contact C-T
(COM-NO)
Contact R-T
(NO-NC) ou (NO-NF)
Bobine alimentée
Contact non établi
Contact établi Contact jamais établi
Bobine non alimentée
Contact établi Contact non établi Contact jamais établi
Rappel : C = Commun, R = Repos et T = Travail

Les relais de puissance

La plupart des relais, tels ceux présentés ci-avant, sont en mesure de commuter quelques ampères (en général 1A à 4A). Pour des pouvoirs de coupure plus élevés, tels que 10A, 25A ou plus, il faut se tourner vers des relais de puissance. Si le relais possède plusieurs contacts et que l'on a besoin d'une seule commutation, les différents contacts peuvent être montés en parallèle pour augmenter le pouvoir de coupure. Il faut savoir que certains relais de puissance nécessitent un courant minimal de passage pour conserver une bonne fiabilité. Par exemple, un relais prévu pour commuter un courant de 25A, peut très bien ne pas être correctement exploité si le courant effectivement commuté n'est "que" de 1A. Ce type d'information est généralement communiqué par le fabriquant, mais ce n'est pas toujours le cas. Choisissez un relais dont le pouvoir de coupure est un peu supérieur à la valeur du courant à commuter.

Relais bistables

Il existe des relais bistables, qui possèdent deux bobinages : un bobinage sert pour activer le relais en position Travail, l'autre bobinage sert à le ramener en position Repos. Ce type de relais présente deux avantages principaux : celui de ne consommer du courant que lors des commutations, et celui de conserver en mémoire sa position même en cas de coupure d'alimentation. Il est très utilisé dans des systèmes d'automatisme industriel. Son inconvénient principal : son prix.

Relais HF

Il s'agit de relais spécifiques, destinés uniquement aux applications haute fréquence. On en trouve à souder sur circuit imprimé, et d'autres qui possèdent déjà une connectique de type HF (BNC ou N), et que l'on appelle plus volontier des relais coaxiaux. Pour pouvoir utiliser les modèles à souder sur CI, il faut impérativement respecter un tracé de piste compatible HF, c'est à dire utiliser des pistes dont la longueur est en relation avec la longueur d'onde des signaux à commuter. Notons que l'usage de relais en HF est plus usité quand il s'agit de commuter des signaux d'une certaine puissance, quelques centaines de mW ou quelques W, par exemple. Pour la commutation de signaux HF de faible puissance, en réception par exemple, d'autres techniques de commutations sont mises en oeuvres (diodes PIN par exemple).

Relais statiques (ou relais à état solide)

Un relais statique, contrairement au relais électromécanique, ne possède pas de pièce en mouvement. La partie "Commande" est généralement constituée d'une source lumineuse (LED), et la partie "Puissance" est élaborée autour d'un ou de plusieurs élements photosensibles, tel que photo-triac, photo-transistor ou photo-diode associée à un circuit de contrôle.

Relais statique 001

Ce type de relais est généralement étanche, ce qui n'est pas toujours le cas des relais électromécaniques, qui peuvent prendre la poussière et subire une corrosion importante au fil du temps, si les contacts ne sont pas prévus pour résister (c'est le cas de quasiment tous les relais bas de gamme et bon marché).

Avantages du relais statique

Inconvénients du relais statique

Pour ces raisons, le relais électromécanique possède encore des avantages qui le font préférer dans certaines situations.

Protection des contacts d'un relais électromécanique

Les contacts mécaniques des relais électromécaniques peuvent subir une érosion, un encrassement ou une brulure si le type des signaux commutés n'est pas adapté au type de contact. Ainsi, un relais prévu pour commuter de fortes puissances, ne conviendra pas pour commuter des signaux audio, car les contacts s'encrasseront rapidement, du fait de l'absence d'un courant suffisant pour assurer un "auto-nettoyage". De même, un petit relais utilisé pour commuter des courants importants risque de voir ses contacts fondre et se souder entre eux (si c'est le cas, direction poubelle). Une attention particulière doit être aussi portée sur la commutation de courants importants, qui génèrent presque toujours un arc électrique (étincelle) entre les contacts, au moment de la commutation. Il est primordial d'éviter ces arcs afin de ne pas diminuer inutilement la durée de vie du composant. En général, la mise en parallèle d'un condensateur (de 100 nF à 680 nF par exemple) sur les contacts qui arquent suffit, une cellule RC série étant cependant conseillée (100 nF + 100 ohms par exemple).

Relais - Prot 1

Sur le schéma donné ci-avant en exemple, les contacts de puissance numérotés 3 et 4 sont exploités. Ce sont donc eux qui sont protégés par la cellule R1/C1.

Protection de la commande d'un relais électromécanique

Dans le cas des relais électromécaniques, la bobine peut générer de fortes surtensions au moment où le courant cesse de la traverser. Cette surtension (qui peut atteindre plusieurs dizaines de volts ou plus de 100 volts, même avec une alimentation de 12V) peut détruire le transistor ou la porte logique qui la commande. Pour éviter tout risque de destruction de la commande électronique qui précède le relais, il est d'usage de placer une diode dite de roue libre, en parallèle sur la bobine du relais. Cette diode doit être cablée en inverse, c'est à dire cathode vers le pôle le plus positif de l'alimentation (si vous la branchez à l'envers, elle grillera instantanément dès la première activation de la commande).

Relais - Prot 2

Sur le schéma donné ci-avant en exemple, le transistor Q1 est l'élement de commande qui commute le courant dans la bobine du relais. Ce transistor a bien peu de chance de survie si aucune  diode (D1 sur le schéma) n'est placée en parallèle sur la bobine du relais.

Un exemple de commande d'un relais électromécanique

Comme nous l'avons vu auparavant, un relais peut commuter une tension qui est différente de la tension de commande. Dans l'exemple qui suit, un relais électromécanique de type 5V est utilisé, la tension d'alimentation du relais est donc une tension fixe de 5V, et la tension de commande peut varier de 2V à 9V. Si le relais doit être un modèle 12V, changez simplement la valeur de la tension fixe d'alimentation du relais pour l'adapter à sa tension de collage. Voir aussi page Interfaces logique 001.

Commande relais 001

La diode D1 est placée en parallèle du relais (en sens inverse, souvenez-vous) pour protéger le transistor contre les surtensions provoquées par la bobine du relais lors de sa mise hors fonction. Le transistor Q1 est ici un 2N2222, mais un grand nombre de transistors NPN peut convenir pour cette application (BC107, BC546, entre autres). Le courant de base du transistor qui nait quand on applique la tension de commande entre la borne Cde et la masse, est limité par la résistance de base R1 de 2K7. La valeur de cette résistance a été choisie pour que le courant circulant dans la base du transistor soit suffisant pour provoquer le collage du relais. La résistance R2 n'est pas obligatoire. Elle peut être nécessaire si la tension de commande, au repos, n'est pas totalement nulle (par exemple 0,6V) et si le relais colle alors qu'il ne le devrait pas.

Remarque : on peut très bien vouloir commander un relais 12V avec une tension de commande de 12V, ne serait-ce que pour une question de courant de commande insuffisant. Par exemple, si on veut commander un relais 12V de forte puissance de type "Auto", qui nécessite un courant de commande de l'ordre de 100 mA à 150 mA, et que la source délivrant l'ordre d'activation n'est pas en mesure de délivrer plus de 10 mA. Notez que dans ce cas précis, il faut utiliser un transistor adapté au courant collecteur qui le traversera. Dans l'exemple cité, prendre par exemple un 2N1711 qui accèpte un courant collecteur max de 500 mA (les 2N2222 et BC107 seraient un peu juste pour ce type de relais). Là encore, de nombreux types de transistors peuvent convenir, à vous d'en trouver un qui convient bien en fonction du courant à commuter et du courant de commande disponible, qui à eux deux dictent les caractéristiques principales du transistor (Ic max et gain). Si le courant de commande est vraiment très faible (quelques dizaines ou quelques centaines de micro-ampères), envisagez l'emploi d'un transistor de type darlington, qui présente de nature un gain très important.