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Electronique > Réalisations > Alimentations > Alimentation THT 002

Dernière mise à jour : 05/07/2009

Voir ausi Alimentations THT - Bases

Présentation

Le présent exercice, pardon, le présent montage, produit des impulsions de THT (très haute tension) de façon régulière et répétée. Il s'appuie sur l'utilisation d'un transformateur élévateur de tension, couplé à un transistor de puissance qui coupe à intervalles réguliers, le courant dans le primaire du transformateur. Une alimentation similaire mais plus simple et faisant usage d'un relais à la place du transistor de puissance, est présentée à la page Alimentation THT 003.

Utilisations

Ce montage est destiné à montrer une façon de faire pour produire des impulsions de THT. L'amplitude des impulsions, qui dépend principalement du transformateur et du transistor de puissance utilisés, peut atteindre quelques milliers de volts (voire 10 KV), mais sous un courant faible et durant un temps très bref, et donc avec une énergie (en joules) faible. Ca choque si on y touche (vous savez peut-être quelle sensation on peut ressentir), ce n'est pas dangeureux pour la majorité des humains, mais qui dit majorité sous-entend aussi l'existence d'une minorité... Ce montage peut être utilisé pour électrifier une cloture d'animeaux domestiques tels que vaches ou chevaux, mais pour celà, vous devez en avoir l'autorisation (renseignement auprès de votre mairie), et surtout disposer des écritaux à intervalles réguliers pour avertir les promeneurs que la cloture est electrifiée.
Sans autorisation, vous ne pouvez utiliser ce type de montage que chez vous, et surtout pas pour faire des blagues à votre petite soeur ! Je suis très sérieux.

Avertissement

Les explications données ici devraient être assez claires. Cependant, si vous avez le moindre doute, ne tentez rien ! Je décline toute responsabilité en cas de problèmes résultant de mauvaises manipulations ! Il est question ici d'élements produisant une tension élevée, qui si elle n'est pas forcement toujours dangeureuse, peut néanmoins être très désagréable et choquante. Les précautions d'usage s'appliquent avant toute intervention.


Principe de base

Le principe de base est très simple. On laisse circuler un courant continu dans le primaire d'un transformateur, et l'on coupe brutalement ce courant en ouvrant un interrupteur. Cet interrupteur peut être manuel, c'est à dire actionné par vos soins, ou être de type électronique, thyristor ou transistor de puissance. Il peut aussi s'agir d'un relais électromécanique.

alim_tht_base_001a

Au moment où l'interrupteur s'ouvre, il se produit une forte et brêve surtension aux bornes de la bobine primaire du transformateur, dû à l'extra-courant de rupture créé à cet instant. Quelques dizaines ou quelques centaines de volts peuvent être observés à cet instant sur le primaire du transformateur. Du fait du facteur d'amplification du transformateur, lié au rapport du nombre de spires entre primaire et secondaire, une impulsion de très haute tension est produite sur l'enroulement secondaire. Si par exemple l'enroulement primaire du transformateur comporte 300 spires et que l'enroulement secondaire en comporte 3000, le rapport d'amplification est de l'ordre de 10, et à une impulsion de 200 V au primaire correspondra une impulsion de 2000 V au secondaire. Si vous actionnez l'interrupteur de façon répétée, vous produirez des impulsions de THT répétées. Et si maintenant vous remplacez l'interrupteur manuel par un élement de commande électronique et automatique, vous obtenez un générateur d'impulsions THT autonome.
Remarques :
- Les anciens systèmes électrificateurs de cloture étaient dotés d'un rupteur avec vis platinées en guise d'interrupteur, et permettaient d'obtenir une cadence de 45 à 60 impulsions par seconde.
- Avec un système mécanique (interrupteur manuel ou rupteur à vis platinées), il faut placer un condensateur en parallèle sur les contacts mécaniques pour absorber l'étincelle, qui autrement ne manquerait pas de les user très rapidement.

Le schéma

On peut voir d'après le schéma qui suit, que des composants finalement assez courants permettent parfois d'obtenir des choses fort sympathiques...

alim_tht_002

L'oscillateur
Autour de Q1 et Q2...
A la base de tout, et pour disposer d'un montage autonome, il nous faut un oscillateur, qui délivre des impulsions répétées et régulières. Cet oscillateur est construit ici avec deux transistors NPN un peu quelconques, Q1 et Q2. Contrairement à l'oscillateur rectangulaire utilisé pour mon clignotant 004, les deux moitiés de l'oscillateur sont ici "déséquilibrées", la moitié gauche est active plus longtemps que la moitié droite. Si on insérait une led en série avec la résistance R1, on verrait cette led s'allumer pendant un certain temps, s'éteindre brièvement et s'allumer à nouveau un certain temps, tout celà avec une périodicité de l'ordre de la seconde. La led D1, qui est en série avec la résistance R4, montre quant à elle l'activité de la branche de droite, et à l'inverse de la led qui serait en série avec R1, s'allume de façon très brêve toutes les secondes environ. Pourquoi ne pas mettre une led en série avec R1, de façon permanente ? Juste pour économiser sur la consommation globale du montage, sachant que l'usage sur une batterie de 12V est fort probable. Nous disposons donc sur le collecteur de Q2, d'une impulsion brêve négative, puisque l'activité de la moitié droite de l'oscillateur se traduit par la mise en conduction (saturation) du transistor Q2. Cette impulsion est ensuite transmise au transistor Q3, qui joue un simple rôle d'inversion de polarité, car le transistor de puissance utilisé juste après demande une impulsion positive. Humpfff... mais alors, pourquoi ne pas utiliser la moitié gauche de l'oscillateur, qui produit déjà une impulsion positive ? Parce que le transistor de puissance nécessite un courant de commande incompatible avec le courant fourni par l'oscillateur, et qu'il faut l'amplifier. Alors tant qu'à ajouter un transistor, autant en prendre un qui occupe une autre tache, histoire de justifier encore un peu mieux sa place.

Le tampon (ou buffer)
Autour de Q3...
Non encreur dans le cas présent, le transistor Q3 apporte une amplification de courant, et permet ainsi d'interfacer plus facilement l'oscillateur avec la partie haute tension. Cela pourrait-il toutefois fonctionner sans ce transistor Q3, en utilisant directement la sortie gauche de l'oscillateur (collecteur de Q1) ? Oui, cela peut fonctionner, si le transistor de puissance demande un courant de commande modeste. Mais la tension THT produite en fin de compte risque fort d'être sacrément amoindrie et moins "convaincante". Plutôt que d'utiliser un transistor darlignton pour la partie haute tension (autorisant un faible courant de commande), j'ai préféré utiliser un transistor NPN spécial haute tension très répendu et donc facilement approvisionnable, associé à un autre transistor de "moyenne" puissance, lui aussi très répendu, pour compenser sa faible sensibilité (son faible gain, devrais-je dire).

La section haute tension
Autour de Q4...
Cette section est composée de deux composants indispensables, qui sont un transformateur élévateur de tension (une bobine d'allumage de voiture par exemple), et un robuste transistor haute tension de type BU508 (que l'on trouve souvent dans les téléviseurs à écran cathodique pour la section balayage lignes) et qui joue le rôle d'interrupteur. Si l'on accèpte des pointes de tension un peu moindres sur la sortie THT, on peut remplacer ce transistor par un modèle BU806, un peu plus petit en taille et en prix, mais qui en contrepartie résiste moins bien aux surtensions et nécessite plus de protection. Les deux diodes zener de 160V cablées entre la base et le collecteur du transistor de puissance Q4 empêche la destruction dudit transistor, lors de son blocage. En effet, il se produit une forte surtension quand on coupe le courant qui circule dans l'enroulement primaire du transformateur TR1. Cela peut sembler être du luxe, puisque le BU508 est censé supporter une tension collecteur-émetteur de 700 V au moins, et que les impulsions présentes sur le collecteur de Q4 atteignent une valeur comprise entre 400 V et 500 V (sans protection exterieure additionnelle). Mais comme en l'absence de ces diodes zener, il arrive que le transistor Q4 lache (et oui, ce bon vieux BU508 si robuste même à une fréquence d'utilisation de 15625 Hz, peut rendre l'âme), j'ai préféré mettre une protection minimale. Je soupçonne la présence de très fortes pointes de tension à certains moments, mais comme je n'y connais rien en électronique, je ne sais pas l'expliquer. En résumé, vous pouvez utiliser pour Q4 :
- soit un BU508, avec deux (ou trois) diodes zener de 160 V en série, cablées entre base et collecteur, pour limiter la tension à 320 V (ou 480 V si trois diodes) entre ces deux électrodes.
- soit un BU806, avec deux diodes zener de 160 V en série, cablées entre base et collecteur, pour limiter la tension à 320 V entre ces deux électrodes, et une autre diode zener de 160 V (une troisième diode de type 1N5384) entre émetteur et collecteur du même transistor, qui ne supporte pas en cet endroit une tension supérieure à 200 V.
La diode D4 permet d'absorber les pics de tension négatifs (quelques dizaines de volts) qui se produisent sur la base du transistor Q4 lors de chaque impulsion. Le condensateur C3, qui absorbe une partie de l'extra-courant de rupture, doit avoir une tension de service d'au moins 400 V, ou de 630 V si vous décidez d'utiliser un BU508 avec trois diodes zener de 160 V entre base et collecteur.

Choix du transformateur haute tension
Attention si vous utilisez un transformateur de récupération dont vous ne connaissez pas les caractéristiques, vous pourriez fort bien endommager l'enroulement servant de primaire, par claquage. Mes premiers tests, qui remontent aux années 80, ont été réalisés avec des transformateurs d'alimentation classiques de type 220V / 6,3V, que je montais "à l'envers". Non seulement la tension de sortie (obtenue sur l'enroulement 220V) était faible (seulement quelques centaines de volts), mais en plus, j'ai réussi à griller plusieurs transfos. Le plus simple est de récupérer une bobine d'allumage pour voiture ou un transformateur THT pour TV à tube cathodique, qui présentent tous deux des caractéristiques parfaites pour ce genre d'usage. Personnellement, je préfère la bobine d'allumage, qui possède moins de fils et qui est plus pratique à installer dans un coffret.

Remarques diverses

J'ai retrouvé il n'y a pas très longtemps, le schéma d'un vieux système de cloture électrique, dont l'oscillateur était basé sur un NE555. Quoi de plus logique, allez-vous penser. Mais là n'était pas la curiosité. J'ai été surpris par le cablage du secondaire du transfo élévateur de tension, dont un fil allait vers la cloture (normal), et dont l'autre fil était relié sur le collecteur du transistor de commande, donc ni à la masse du montage, ni à la terre ferme. Avez-vous une idée de la raison d'une telle façon de faire ? Moi non, si ce n'est envisager une erreur de dessin, toujours possible.

Réponse de Samuel D. - 03/07/2009
Un géné à son potentiel et la référence. Dans les cas de la cloture et de votre schéma, le potentiel est le point haut du bobinage secondaire, et la référence est le point bas du bobinage secondaire. Vous reliez cette référence à la terre... c'est un choix... si vous etes sur batterie, votre alimentation est donc isolée entre primaire et secondaire. Pour la cloture dont le schéma vous a surpris, le choix de la référence est le collecteur ce qui permet de s'affranchir du lien à la terre (certaines alimentations référencent leur masse à la terre), pour par exemple ne pas remonter les perturbations via la terre... dans l'alimentation au autres appareils... En somme, c'est un choix qui dépends des parturbation des besoins en référence, en isolation etc...

Ce n'était donc peut-être pas une erreur de schéma. Merci pour cette explication, même si je ne l'ai toutefois personnellement pas très bien assimilée ;-).