Sommaire - Musiques - MAO - Connectique - Electronique - LogicielsDivers - Contacts - Liens - Glossaire - Historique

Electronique > Bases > Quels appareils de mesure pour bien commencer ?

Dernière mise à jour : 12/08/2006

Présentation

Vous trouverez ici quelques indications qui pourraient vous être utiles pour choisir le ou les instruments qui vous manquent pour la conception ou pour le dépannage. Je ne donne pas de liste toute faite, car chacun a des besoins et des moyens différents.

L'oscilloscope

Bande passante
Mon premier oscilloscope fut un modèle à lampe, doté d'entrées sur fiches banane, et qui n'a jamais fonctionné correctement (voir page Droit à l'erreur ?). Quand j'ai acheté mon premier oscilloscope, je me suis dit que travaillant principalement dans le domaine de l'audio (20 Hz à 20 KHz), un oscilloscope possédant une bande passante de 20 MHz me suffirait amplement. Je me suis rendu compte avec le temps que je m'étais un peu trompé. J'ai eu l'occasion de concevoir et réaliser des préamplis qui ne fonctionnaient pas du premier coup et qui fournissaient de belles oscillations HF dont je me serais bien passé. Les oscillations parasites peuvent parfois monter très haut en fréquence, il n'est pas rare qu'elles atteignent plusieurs dizaines de MHz, voir 100 MHz ou plus (et oui, même pour un montage supposé travailler dans les fréquences audibles). Un oscilloscope présentant une bande passante de 100 MHz ne me semble aujourd'hui plus un luxe. Cependant, je vais vous livrer un secret (merci de le garder pour vous, je serais malheureux qu'il fasse le tour du monde) : je me sert toujours de mon oscilloscope de bande passante 20 MHz. Parce que je l'aime bien et surtout parce qu'il fonctionne toujours ! Et vous avez le droit de faire le même choix, car avoir sous la main un tel instrument est déjà un bel atout !
Mono ou double voie ?
Sans aucune hésitation, je vous dit double voie ! Je me sert quasiment toujours des deux voies. Il est extrêmement rare qu'une des deux reste inactive, surtout pour mes montages audio. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point une deuxième voie est pratique et permet d'économiser du temps ! Si vous optez pour un deux voies, n'achetez pas deux sondes, mais trois ! Une troisième sonde pourra vous être fort utile pour le déclenchement externe, qui peut simplifier la visualisation de signaux parfois un peu difficiles à "attraper".

Le multimètre

Impédance d'entrée
Elle est en générale supérieure à 1 MO pour les appareils numériques, elle peut être de l'ordre de 20 KOhms / V pour les appareils analogiques.
Analogique ou numérique ?
J'en vois qui sourient... Pourtant, si vous faites des mesures avec un multimètre numérique sur une réalisation audio faible niveau (préampli à grand gain par exemple), il se peut que vous entendiez des bruits bizarres au moment où vous effectuez la mesure sur ladite réalisation. Ce bruit est provoqué par le convertisseur numérique / analogique du multimètre (pourtant alimenté par pile n'est-ce pas), et peut dans certains cas se révéler plutôt gênant. Dans ce contexte, un appareil analogique perturbera moins votre réalisation. Autre raison d'utiliser un appareil analogique : le contrôle de petites variations de tensions ou de courants, ou évaluation d'une tendance. Choses quasiment impossible à obtenir avec un appareil numérique.
Calibres automatiques
Si vous optez pour un multimètre numérique doté de calibres automatiques, assurez-vous de pouvoir débrayer le mode automatique et passer en mode manuel. Le mode automatique peut être pratique quand on ne sais pas trop dans quelle fourchette de valeurs le paramètre à mesurer va se trouver. Mais il peut se révéler très pénible pour certaines mesures. Je peux citer en exemple l'impossibilité potentielle de faire certaines mesures de tension sur des sources ne pouvant débiter que quelques uA (exemple : mesure d'une tension délivrée par une led quand elle est éclairée, j'ai eu ce problème de mesure avec deux multimètres différents). Et je ne parle même pas du temps summplémentaire que l'appareil met avant d'afficher la valeur que l'on attend. Pour une mesure unique, ça passe, mais pour une série de mesure, c'est assez casse-pied.
Fonction Test diode et Test transistor
Il s'agit de fonctions bien pratique pour celui qui veut dépanner un montage électronique. La présence de telles fonctions de test n'est pas primordiale, mais je les conseille.

L'alimentation de labo

Il existe tellement d'alimentations de laboratoire ! Sans rire, j'ai déjà vu une publicité pour une alimentation "de laboratoire" 0 à 30V / 1A, pour 30 euros ! Mais que peut donc valloir une alimentation à ce prix ? Sans doute pas ce qu'on est en droit d'attendre d'une bonne alimentation. C'est mon avis en tout cas. Que doit-on attendre d'une bonne alimentation, alors ? Pour ma part, j'attache une importance particulière à ces points :
Limitation de courant
C'est tellement pratique et tellement sécurisant, de pouvoir brancher une alimentation sur un montage dont on n'est pas trop sûr, et de ne pas devoir se tenir éloigné, le bras tendu sur l'interrupteur... Sérieusement, c'est le genre de fonction que votre alimentation doit absolument posséder. Surtout si vous êtes amené à concevoir ou à dépanner souvent un appareil électronique.
Facilité et rapidité de réglage
La tension de sortie doit pouvoir être ajustée à la valeur de sortie désirée, avec un potentomètre rotatif (oubliez les alim à commandes numériques, par bouton Plus et Moins, c'est vraiment horrible).
Bonne tenue sur les pointes de courant importantes
Et ce aux fréquences faibles comme aux fréquences élevées. Et même s'il fait 35 degrés dans la pièce !
Capacité en courant
Attention aux valeurs annoncées par certains constructeurs. Certaines alimentations sont données pour pouvoir débiter un courant max, mais la valeur max n'est pas toujours vraie pour les faibles tensions de sortie. Si l'alimentation est de conception simple, la tension en amont du circuit de régulation est toujours à son maximum, et une tension de sortie réglée à une faible valeur va occasionner une forte dissipation thermique au circuit de régulation, limitant ainsi rapidement le courant qu'il pourra fournir.
Sortie symétrique (double)
Si vous pratiquez l'audio, votre alimentation doit délivrer deux tensions de sortie : une négative et une positive. Si les deux sorties sont symétriques avec point commun, c'est déjà très bien. Mais si les deux sorties sont flottantes, c'est à dire complètement isolées l'une de l'autre, c'est encore mieux, car vous pourrez alors les monter en série ou en parallèle et répondre ainsi à plus de besoins.

Le générateur BF

Le générateur BF est un outil génial quand on travaille dans l'audio. Dans certains cas, un simple petit oscillateur sinusoidal d'appoint (que vous pouvez fabriquer vous-même, voir par exemple la page Générateur audio 007) peut parfaitement suffire pour "tracer" le chemin du signal BF dans un montage, et repérer ainsi là où ça cloche. Pas besoin d'avoir dans ce cas un signal très pûr, le plus important est qu'il puisse être entendu. Pour des mesures de qualité, il vous faudra un générateur un peu plus sérieux, générant au moins les formes d'onde sinusoidale, triangulaire et rectangulaire. Le signal de forme triangulaire permet d'apprécier visuellement (sur écran d'oscilloscope) les distorsions faibles, mieux qu'avec un signal sinusoïdal. Mais avec un signal sinusoïdal, on peut faire des mesures de distorsion précises avec un filtre supprimant (ou réjectant fortement) la fréquence fondamentale et en regardant ce qui reste (si très peu de distorsion, il ne doit pas rester grand chose). Un signal carré quant à lui permet d'apprécier pas mal de choses, tel que suroscillations ou "trainées".

Les pinces crocodile et les pointes de touche

Indispensables ! Ne mégotez pas sur le prix, il vous en faut de bonne qualité si vous ne souhaitez pas être trop rapidement embêté par des faux contacts. Très pratique pour se reprendre sur la masse d'un appareil sous contrôle ou en dépannage.