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Dernière mise à jour : 17/02/2008

Présentation

Un gradateur de lumière est un appareil que l'on utilise pour faire varier l'intensité lumineuse d'une lampe. La variation peut être opérée de façon manuelle, avec un simple rhéostat de puissance (peu recommandé à cause des pertes caloriques importantes) ou avec un petit circuit électronique piloté par un potentiomètre simple (conseillé).

Gradateur lumiere 001
(gradateur lumière 001)

Cette variation peut être réalisée de façon automatique, sur des périodes courtes, de l'ordre de quelques secondes (jeux de lumière) ou sur des périodes longues, de l'ordre de plusieurs minutes (simulateurs de crépuscule). Enfin, il est possible pour certains gradateurs, de recevoir une tension de commande qui dicte l'intensité lumineuse souhaitée : par exemple 0V pour une luminosité minimale, et +5V pour une luminosité maximale. Mais quelque soit le type de gradateur, le principe général reste le même. C'est de ce principe général dont il est question dans le présent article.

Principe général

Imaginez deux personnes dans une pièce sombre, dans laquelle a été installée une lampe recevant un ordre automatique d'extinction toutes les dix secondes, même si elle n'est pas allumée. Si on allume la lampe (peu importe le moment), qu'au moment où elle s'éteint toute seule on attend une seconde et on la rallume, et que l'on répète cette opération plusieurs fois de suite, on peut dire qu'elle est presque toujours allumée. Si maintenant on attend neuf secondes avant de rallumer la lampe à partir du moment où elle s'est éteinte, elle ne reste allumée qu'une seconde. On peut alors dire qu'elle est presque toujours éteinte. Si on parle en terme de moyenne, on dira que dans le premier cas elle est restée allumée 90 % du temps, et que dans le second cas elle est restée allumée 10 % du temps. Revenons à notre pièce avec cette drôle de lampe à extinction automatique (ne rigolez pas, j'ai découvert des toilettes avec une lumière cablée sur une minuterie qu'il fallait réactiver toutes les 20 secondes). Une des deux personnes qui s'y trouvent donne des ordres et l'autre les exécute. Celle qui donne les ordres demande à l'exécutant d'allumer la lumière, mais ce dernier n'appuie pas sur l'interrupteur au moment où on le lui demande. Au lieu de cela, il attend un certain temps et actionne ensuite l'interrupteur. Il y a des gens comme ça, on l'a vu juste avant. Si l'ordre d'allumage est prononcé toutes les 10 secondes et que l'exécutant attend cinq secondes avant de faire ce qu'on lui demande, la lampe ne reste allumé que cinq secondes sur les dix où elle aurait pû l'être. Soit 50 % du temps. Et bien un gradateur de lumière fonctionne selon ce principe. On utilise un composant spécial appelé triac, qui sert d'interrupteur électronique. Cet interrupteur électronique à besoin d'une commande pour s'activer (se fermer), mais n'a pas besoin de commande pour se désactiver (s'ouvrir), car il se désactive tout seul à chaque fois que la tension qu'on lui demande de commuter disparait. Si vous savez déjà que la tension de notre réseau secteur 230 V est alternative et que le terme alternatif signifie dans le contexte présent que la polarité change sans arrêt, et qu'entre les changements de polarités il se trouve un moment où la tension secteur est nulle, alors vous devriez comprendre la suite sans trop de difficulté.

Détection du passage par zéro de l'onde secteur

L'onde secteur est alternative : la tension monte selon une courbe sinusoïdale, redescend, passe par une valeur nulle, puis remonte mais avec une polarité inverse. C'est pourquoi on la représente si souvent par une courbe du type de celle qui suit (jolie théorie), avec des alternances positives situées au-dessus de l'axe horizontale marqué par la valeur 0 V, et des alternances négatives situées au-dessous de ce même axe :

gradateur_lumiere_008_graphe_001

Par rapport à une référence arbitraire (n'importe lequel des deux fils du secteur 230 V peut servir de référence), la tension électrique est positive, puis négative, puis positive, etc, avec un changement qui s'effectue cent fois par seconde. Un cycle complet (une alternance positive plus une alternance négative) se produit donc cinquante fois par seconde. C'est le fameux "50 hertz", qui représente la périodicité de ce signal qui alimente tant d'appareils électriques dans nos chaumières. Comme on peut le constater sur la courbe suivante, l'onde passe brièvement par une valeur nulle (endroits marqués par des petits cercles rouges), que l'on appelle passages par zéro :

gradateur_lumiere_008_graphe_002

Fixons maintenant des repères temporels bien précis et réguliers dans le temps. Pour des questions de facilité, disons que ces points de repère correspondent à l'instant précis où la tension du secteur passe par zéro volt. On pourrait bien choisir un autre instant, mais celui-là me plait et est pratique à localiser. Nous avons donc cent points de repères par seconde, que l'on pourrait fort bien utiliser comme ordre de commande d'allumage d'une ampoule, sachant d'autre part que lorsque la tension secteur repasse par zéro 10 ms plus tard, l'ampoule s'éteint automatiquement parce que l'interrupteur placé dans son circuit est de type électronique et commandable, genre triac. Regardons ce que cela donne sur un graphique, légèrement agrandi sur l'axe des temps (axe horizontal) pour nous permettre d'y voir bien clair. Le graphe suivant montre l'onde secteur dans sa belle couleur verte, à laquelle on voit rajoutée une courbe rouge qui représente un signal de commande. 

gradateur_lumiere_008_graphe_003a

A l'endroit où la courbe rouge est pile-poil sur l'axe horizontal 0 V, la lampe est éteinte, et quand la courbe rouge monte au dessus de l'axe horizontal 0 V, la lampe s'allume. Notez que dès l'instant où l'onde secteur passe par 0 V, le signal de commande est désactivé. En d'autres termes, la petite "poussée" vers le haut de la courbe rouge correspond à l'ordre d'allumage de la lampe. Si maintenant on remplie la zone de la courbe d'évolution de la tension du secteur 230 V, sur la période de temps pendant laquelle la lampe est allumée, c'est à dire entre l'instant où l'ordre d'allumage est donné et l'instant où le secteur repasse par la valeur 0 V, voilà ce que cela donne.

gradateur_lumiere_008_graphe_003ab

Comme on peut le voir, le temps d'allumage est court, et en plus de ça il se produit à la fin de chaque alternance, là où la tension appliquée à la lampe n'est plus très élevée. La lampe s'allume donc peu. Voyons maintenant ce qui se passe si l'ordre de commande est moins tardif, c'est à dire s'il se produit plus tôt par rapport au passage par 0 V de l'onde secteur. La courbe suivante montre un ordre d'allumage qui a lieu au moment où la tension secteur est à son maximum, en plein milieu de l'alternance.

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Dans ces conditions, la lampe s'allume pendant une durée équivalente à la moitié de la durée totale d'une alternance, et si comme tout à l'heure on remplie la zone de la courbe d'évolution de la tension du secteur 230 V, sur la période de temps pendant laquelle la lampe est allumée, voilà ce que cela donne.

gradateur_lumiere_008_graphe_003bb

Même sans connaitre l'electronique - et en particulier les triacs - sur le bout des doigts, on perçoit de façon instinctive que la lampe va s'éclairer plus. Si maintenant la commande d'allumage de la lampe à lieu un bref instant après l'extinction (passage par le 0 V), le "retard à l'allumage" est court, c'est ce que montre la courbe suivante.

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Même procédé de remplissage que ci-avant, les zones pleines en vert montrent visualisent les périodes de temps pendant lesquelles la lampe est allumée.

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Sous un tel régime, l'éclairement de la lampe est quasiment à son maximum. On peut donc deviner la suite : en modifiant le retard de l'ordre d'allumage par rapport à chaque passage par zéro de l'onde secteur, on peut modifier à son gré l'intensité lumineuse de la lampe. Tout gradateur de lumière repose sur ce principe somme toute assez simple, mais qui présente toutefois l'inconvénient de pouvoir "couper" l'onde secteur à tout instant, ce qui peut provoquer des parasites importants dans l'entourage. Heureusement, il existe des moyens d'atténuer le parasitage provoqué en ajoutant un filtre spécialement conçu pour cette tache, voir Filtres pour triac.

Fonctionnement des gradateurs simples

Les gradateurs simples, tels ceux présentés aux pages Gradateur de lumière 001 et Gradateur de lumière 002, se contentent de retarder la commande du triac par un simple réseau RC (résistance + condensateur). La résistance est en fait un potentiomètre cablé en résistance variable, par lequel passe le courant qui charge le condensateur. Si le réglage du potentiomètre correspond à une valeur ohmique faible, le condensateur se charge plus vite, et la tension qui monte à ses bornes atteint plus vite la tension minimale requise pour déclancher le triac (en fait, le seuil de déclanchement du triac est réhaussé artificiellement par un diac, que l'on peut assimiler à un interrupteur qui se ferme quand la tension à ses bornes atteint 32V environ) : la lampe s'allume rapidement après le passage par 0 V de l'onde secteur et brille fort. Si par contre le réglage du potentiomètre correspond à une valeur ohmique élevée, le condensateur se charge moins vite, et la tension qui monte à ses bornes atteint plus lentement la tension minimale requise pour déclancher le triac : celui-ci se déclenche plus tard, la lampe s'allume tardivement et s'éclaire moins.

Fonctionnement des gradateurs automatiques

Le principe du retard à l'allumage de l'ampoule est conservé, mais la valeur de ce retard est rendu variable avec une électronique adéquate. La réalisation d'un gradateur automatique est moins simple que celle d'un gradateur simple (manuel), car il faut ajouter un circuit de détection du passage par zéro volt, et quelques composants électronique supplémentaires pour une commande "synchronisée" du triac. Un exemple d'un tel gradateur est donné à la page Gradateur de lumière 003. Profitons de ce paragraphe pour signaler l'existence de gradateurs de lumière automatiques fonctionnant en basse tension continue, pour lesquels la variation de l'intensité lumineuse est basé sur un praincipe totalement différent, qui est celui de la modulation de largeur d'impulsion. Un exemple de gradateur automatique fonctionnant sous une tension de +12 Vcc est présenté à la page Gradateur de lumière 006.

Fonctionnement des gradateurs commandés

Ce type de gradateur n'est pas beaucoup plus compliqué que le gradateur automatique. Son principe de fonctionnement général repose toujours sur le retard à l'allumage de l'ampoule, mais la partie commande est un peu différente, en ce sens qu'elle fait appel à un circuit que l'on pourrait classer dans les convertisseurs "tension / durée". Un exemple d'un tel montage fonctionnant sur le secteur 230 V et dont la tension de commande est comprise entre 0 V et +5 V (ou entre 0 V et +10 V), est proposé à la page Gradateur de lumière 008. Signalons là aussi l'existence de gradateurs de lumière commandés fonctionnant en basse tension continue, pour lesquels la variation de l'intensité lumineuse est là encore basée sur la modulation de largeur d'impulsion. Un exemple de gradateur commandé fonctionnant sous une tension de +12 Vcc et dont la tension de commande est comprise entre 0 V et +5 V, est présenté à la page Gradateur de lumière 005. Un gradateur peut aussi être commandé avec des données transmises par une télécommande infrarouge, ou encore par des évenements informatiques quelconques. Un exemple de gradateur multi-voies commandé par des évenements MIDI (notes de musiques issues d'un clavier MIDI ou d'un séquenceur logiciel) est présenté à la page Gradateur de lumière 013.