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Electronique > Théorie > La réverberation à ressort

Dernière mise à jour : 26/05/2008

Réverbération et echo : quelle différence ?

On parle parfois d'une unité d'écho pour une unité de réverbération à ressort. Peut-on donc dire que écho et réverbération sont identiques ? Réponse : non, mais il y a en fait peu de différence entre les deux. La première différence concerne le temps qui s'écoule entre le moment où l'on entend le son d'origine, et le moment où l'on entend le premier son réverbéré (réfléchi sur une surface). La seconde différence concerne le nombre de fois que le son va se réfléchir, c'est à dire le nombre de fois qu'on va l'entendre se répéter.
Pour la réverbération, l'écart de temps entre chaque sons réfléchis est très bref, et l'oreille ne sait pas distinguer un son du précédent, c'est ce qui donne cette impression de raisonnance. Imaginez simplement que le son peut se répéter plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de fois, sur une durée qui peut être très brêve (salle de bain) ou très longue (cathédrale).
Pour l'écho, l'écart de temps qui séparer chaque son est long, et l'oreille distingue parfaitement les répétitions (cri en montagne par exemple).
Ce n'est donc pas tant le temps pendant lequel durent les répétitions qui distingue les deux, mais le temps qui sépare chaque répétition. On peut avoir une durée d'effet plus courte avec un écho unique (un seul écho répété au bout d'une seconde par exemple), qu'avec une réverbération qui dure plusieures secondes (plusieurs centaines de répétitions espacées chacune de 20 ms par exemple).

Et on peut faire ça soi-même ?

Pour fabriquer un montage qui "imite" la réverbération ou l'écho, il suffit de faire passer le signal audio dans un système qui le retarde, et de mélanger plus ou moins le signal en sortie de ce sytème de retard (signal retardé) avec celui d'origine (signal non retardé) pour permettre le dosage (la force) de l'effet.

electronique_reverb_ressort_syno_002

En même temps, on peut reprendre le signal de sortie pour le remettre en entrée (on appelle ça une réinjection, ou un rebouclage), de telle sorte que le signal qui était retardé, le soit une fois de plus. Et ainsi de suite.

electronique_reverb_ressort_syno_003

Si le système de retard que vous utilisez permet de retarder le son sur une longue période (plusieurs centaines de millisecondes ou plusieurs secondes), vous pourrez alors produire un effet d'écho. Si le retard est faible (quelques millisecondes ou quelques dizaines de millisecondes), vous serez en mesure de créer un effet de réverbération. Il existe plusieurs systèmes permettant de retarder un signal audio : des circuits intégrés analogiques spécialisés tel le Reticon SAD1024, des système numériques à base de convertisseurs A/N/A et de mémoires, et des lignes à ressorts (système analogique). Ces dernières, même si elles n'offrent pas des performances exceptionnelles, nécessitent en revanche peu de composants et sont très faciles à mettre en oeuvre.

La ligne à retard à ressort

La ligne à retard à ressort est basée sur le principe de la transmission du son sur un élement mécanique, en l'occurence sur un ressort. Comme le son se propage lentement sur un tel support, il est possible de le retarder assez facilement même sans utiliser une grande longueur de ressort. Mais comment faire "passer" le son, qui se trouve sous une forme électrique, dans un élement mécanique, et comment le récupérer ensuite ? Ce n'est pas compliqué du tout ! On utilise les propriétés électromagnétiques d'un transducteur (ici une simple bobine de fil), qui va permettre de passer d'un domaine à l'autre (électrique vers mécanique, et inversement).

electronique_reverb_ressort_syno_001

Regardez la photo ci-dessous, qui montre un exemple de ligne à retard à ressorts (il s'agit là d'un petit modèle - RE21, il en existe des bien plus grandes).

Ligne a retard a ressort

Vous voyez les extrémités des ressorts ? Elles sont fixées sur des petits aimants, eux-mêmes situés dans l'entrefer d'une bobine (bloc métallique en forme de U allongé).

Transducteur 001 Transducteur 002

Les deux petites bobines sont appelées transducteur (certains l'appellent un transformateur), car elles permettent de passer du domaine mécanique à électrique, ou inversement (tout comme le permettent un microphone ou un haut-parleur). D'un côté on a un petit transducteur qui crée un champs magnétique quand un courant la parcours. Ce courant est fourni par la sortie d'un petit ampli BF (quelques dizaines ou centaines de mW) qui reçoit le signal audio à traiter. Le champs magnétique créé est canalisé par l'entrefer en forme de U, au centre duquel sont placés les aimants. Ces derniers, mus par les variations de champs magnétiques, font bouger les ressorts qui y sont mécaniquement fixés. Le ressort vibre alors au rythme du son. La vibration mécanique se transmet d'un bout à l'autre, pour atteindre l'autre transducteur qui va se comporter de façon opposée : la vibration du ressort occasionne le mouvement du petit aimant situé dans l'entrefer de l'autre bobinage, ce mouvement mécanique crée une variation de champs magnétique... qui occasionne une variation de tension aux borne du second transducteur. Et voilà ! Le son, sous forme électrique au départ, a été transporté sous forme mécanique par un banal ressort, a effectué plusieurs aller-retours entre les deux extrémités, et à chaque "aller", a été reconstitué sous une forme électrique plus facile à utiliser pour lui faire suivre le reste de son chemin : votre enregistreur ou votre ampli... Notez que c'est grâce aux aller-retours consécutifs que le son dure aussi longtemps. Avec un seul aller, le temps de réverbération serait très court et vous n'entendriez pas grande différence entre signal direct et signal retardé (en terme de temps).

Dégradation sonore
Il est vrai que la propagation du son dans un élement mécanique occasionne une forte dégradation de certaines fréquences (graves et aigus) et que cette dégradation s'accentue au fil des aller-retours. Mais le résultat sonore obtenu est tout de même très interressant et parfaitement exploitable. La  preuve en est que les réverbérations de ce type sont toujours appréciées de beaucoup de musiciens, le son n'a vraiment rien à voir avec les réverbérations tout numérique bien propres.

Mise en oeuvre

La mise en oeuvre d'une ligne à retard à ressort nécessite trois sections électroniques distinctes :
electronique_reverb_ressort_syno_004

Conseil pour une meilleur qualité sonore
Il est conseillé de filtrer le signal audio à amplifier de façon à réduire les fréquences basses (en dessous de 300 Hz), d'amplifier légèrement les fréquences comprises entre 300 Hz et 3 KHz, puis ensuite d'atténuer au dessus de 10 KHz. La réduction des fréquences basses permet de "pousser" un peu plus le volume à l'entrée du premier transducteur avant d'arriver au seuil de saturation, et de gagner en rapport signal/bruit. Opérer de la même façon côté reception permet aussi de gagner en performances, les basses et les aigus n'étant de toute façon pas transmis par les ressorts.

Exemples de schémas électroniques
Réverbération à ressort 001 - Exemple d'un schéma (qui n'est pas de moi) que j'ai mis en oeuvre il y a bien longtemps.
Module tout fait pour unité reverb à ressorts - Pour ceux qui recherchent vraiment la simplicité (attention, le module SG2 n'effectue aucun filtrage BF ni en entrée ni en sortie).

Fabrication d'une ligne à retard à ressort

Vous êtes nombreux à m'écrire pour me demander des précisions sur le fonctionnement de la ligne à retard à ressort, ou pour me demander des informations concernant sa construction. Je précise que je n'ai jamais construit un tel objet, j'en ai juste acheté une toute faite (c'est celle de la photo). Difficile pour moi donc, qui n'ai pas d'expérience pratique de construction de ce genre de chose, de vous dire précisement comment faire, et quels sont les matériaux les plus appropriés, et comment relier les aimants sur le support pour leur permettre de rester "souples" et mobiles.

Caractéristiques principales de quelques lignes à ressort

Le tableau qui suit comporte quelques valeurs caractéristiques de quelques lignes à retard à ressort. La RE21 est plus renseignée car j'ai mesuré moi-même des points que je n'ai pas trouvé dans les docs constructeur.


RE4
RE6
RE16
RE20
RE21
Courant d'entrée maxi
350 mA
350 mA 350 mA 350 mA 350 mA
Impédance d'entrée
16 ohms
16 ohms 16 ohms 8 ohms 8 ohms
Résistance d'entrée (en continu)
-
-
-
-
1,5 ohms
Inductance d'entrée
-
-
-
-
1 mH
Impédance de sortie
10 Kohms
10 Kohms 10 Kohms 3 Kohms 3 Kohms
Résistance de sortie (en continu)
-
-
-
-
470 ohms
Inductance de sortie
-
-
-
-
420 mH
Réponse en fréquence
100 Hz - 3 KHz
100 Hz - 3 KHz 50 Hz - 5 KHz 100 Hz - 3 KHz 100 Hz - 3 KHz
Sensibilité
-35 dB
-27 dB -30 dB -40 dB
- 32 dB
Temps de réverbération
2,5 s à 1 KHz
2,5 s à 1 KHz 2,4 s à 1 KHz 1,8 s à 1 KHz 1,4 s à 1 KHz
Retard
25 ms à 30 ms
25 ms à 30 ms 35 ms à 40 ms 25 ms
15 ms
Dimensions (mm)
230 x 55 x 30
253 x 36 x 26
425 x 96 x 34
140 x 27 x 23
103 x 33 x 22
Longueur ressorts
-
-
-
-
environ 5 cm
Poids
210 g
145 g
1000 g
25 g
25 g

Ma petite RE21 est bien légère (en poids et en caractéristiques), comparée à la RE16...

Avertissements

La ligne à retard à ressort présente deux inconvénients principaux, mais en faisant attention, ces inconvénients ne sont plus majeurs.