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Construire une petite table de mixage
Dernière mise à jour : 26/09/2010
Présentation
Construire soi-même sa table de mixage est le rêve d'un
certain nombre de personnes, même si aujourd'hui on peut trouver
des petites consoles à un prix défiant toute concurence.
Excusez, elle a 28 ans...
Qu'il s'agisse d'un petit mixer à 5 entrées pour sa sono
ou d'une console 24 voies pour enregistrer son groupe de musiciens, le plaisir que l'on peut tirer d'une telle
réalisation peut être très grand. J'ai construit
mon premier mélangeur 5 voies à l'âge de 14 ans pour ma petite radio,
car je ne pouvais pas faire autrement : dans le commerce, le
mélangeur premier prix était déjà
inaccessible à ma bourse, qui se résumait aux quelques
pièces de mon argent de poche. Aussi, la construction d'un petit
mélangeur audio utilisant essentiellement des composants
électroniques récupérés sur des
téléviseurs en panne, m'a permis de m'en sortir pour
quelques francs : j'ai juste dû acheter les potentiomètres
(rotatifs, même pas rectilignes, c'est pour dire). Le
présent article donne quelques pistes pour se construire sa
petite table de mixage, avec le type d'entrée dont on souhaite
disposer. Je n'ai pas la prétention d'en connaitre beaucoup
à ce sujet, car mes expériences pratiques sur le sujet se
résument à trois petits mixeurs 5 voies et à une
console 12 voies que je n'ai jamais terminée, faute de temps
(j'avais pourtant tous les composants et la face avant percée).
Mais je pense en avoir compris les grandes lignes et pense être
capable d'éviter les pièges les plus grossiers. Ne me
demandez cependant pas de concevoir une console de 24 voies avec toutes
les fonctions que l'on peut trouver sur les "grandes" : j'en suis
totalement incapable, ou pour être plus franc, je n'ai pas assez
de temps à consacrer pour étudier un tel système,
qui me prendrait sans doute plusieurs années. Car ce genre de
chose ne se fait pas en une journée, vous devez bien
l'imaginer...
Compacte ou modulaire ?
Utilisation d'un seul circuit imprimé pour l'ensemble des
tranches, ou d'un circuit séparé pour chaque tranche ?
C'est une bonne question, et il n'est pas toujours si évident
que ça de choisir, à moins que l'on sache parfaitement ce
que l'on veut pouvoir faire après construction.
Il faut se poser les bonnes questions :
La panne (indisponibilité totale ou partielle) d'une voie est-elle
critique ?
Si vous disposez d'une console 12 voies et que deux d'entre elles ne
sont pas utilisées, on peut dire que le dépannage peut se
faire à un moment où l'indisponibilité de la
console est peu pénalisante, car les voies non utilisées
peuvent servir de secours. Si la console doit être
utilisée en continu et qu'on ne peut pas se permettre de
l'envoyer en réparation pour une "simple panne sur une seule
voie", il semble adéquat d'opter pour un système
modulaire, où la voie en panne peut être retirée et
remplacée rapidement, sans compromettre le fonctionnement de
l'électronique restante.
Le coût de construction doit-il être très bas ?
Si oui, inutile d'envisager une construction modulaire, qui si on la
veut pratique pour l'aspect maintenance, requiert des connecteurs. Et
des connecteurs fiables coutent très chers. On ne peut pas fabriquer à
bas coût une console modulaire avec des composants mécaniques de
qualité.
Mais encore ?
On pourrait se poser bien d'autres questions, mais je pense que
même sans aller dans de profondes réflexions, on peut
trouver un compromis entre le vrai modulaire (démontable sans
fer à souder), et le compact tout en un. Moi-même ai
adopté cette approche pour mes "mixettes" : un circuit
imprimé pour chaque fonction, mais assemblage des modules par
fils soudés (un module pour le préampli micro, un autre
module pour une entrée ligne, un module de sortie, etc). A mon
sens, souder des fils est mieux que de se rabattre
sur des connecteurs bas prix et peu fiables. En procédant ainsi,
vous pouvez même faire cohabiter des circuits fait maison avec
des circuits achetés tout faits ou en kit. Sans parler de
l'évolution possible dans le temps, si la taille du boitier est
pensé à l'avance, c'est à dire avec un peu de marge.
Minimum requis pour le mixage de plusieurs sources
Cela pourrait sembler incroyable à certains, mais quelques
résistances suffisent pour réaliser un
mélangeur audio. Les deux synoptiques qui suivent montrent
comment faire avec des sources mono (syno de gauche) et avec des
sources stéréo (syno de droite).

Les sources audio provenant des entrées lignes mono Line1
à Line3 sont mélangées grâce aux
résistances de sommation RS, qui se retrouvent en un point
commun qui n'est autre que la sortie principale Out. Pour l'emploi de
sources stéréo, le principe est le même, on double
simplement le nombre de résistances de sommation, de
manière à obtenir deux point de terminaison
séparés pour les sorties gauche et droite (Out-L et
Out_R). Les résistances RSR assurent la sommation des voies
droites des différentes entrées Line1 à Line3, et
les résistances RSL assurent la sommation des voies gauches de
ces mêmes entrées. Ajoutons maintenant quelques
potentiomètres à ces résistances de sommation, et
on peut alors doser le volume de chaque source, de façon
individuelle.

Le niveau de la source sonore appliquée sur l'entrée
Line1 peut être ajusté par le potentiomètre RV1, le
niveau de la source sonore appliquée sur l'entrée Line2
peut être ajusté par le potentiomètre RV2, etc.
Sympathique, non ? Mais bien évidement, cette simplicité
doit bien cacher quelques défauts, sinon toutes les tables de
mixage n'auraient pas besoin d'alimentation secteur, et couteraient
bien peu chère. Les limites d'un tel système passif sont
vite mises en évidences :
- les sources sonores sont peu isolées entre elles. Si l'on
positionne le curseur du potentiomètre RV1 complètement
à la masse pour ne rien laisser passer de la voie Line1, les
autres voies sont aussi affectées car les résistances RS
ont un point commun qui est la sortie générale. Une
façon de limiter ce problème consiste à augmenter
la valeur des résistances de sommation RS, pour isoler plus
entre elles les entrées. Mais adopter des résistances de
sommation de valeur élevée conduit à une
atténuation plus importante, et une réamplification
conséquente doit être apportée par la suite pour
compenser cette atténuation.
- une perte de niveau d'autant plus importante que la valeur des
résistances RS est élevée, comme vu juste avant.
- ce système n'est pas utilisable avec des sources de
faible niveau (microphone) ou pour lesquelles il faut apporter une
correction en fréquence (platine vinyle avec sa courbe RIAA).
Bref, ce système est loin d'être parfait, mais si on se
limite à quelques entrées de type ligne, et si les
sources possèdent une amplitude élevée, il peut
donner satisfaction. La suite de la discussion portera donc sur des
systèmes actifs, possédant un étage
d'entrée assurant le rôle d'adaptation d'impédance,
d'amplification et d'isolation entre les diverses sources BF.
Voir aussi les pages relatives aux sommateurs passifs, liens via page Mélangeurs.
Remarque
Dans les synoptiques qui suivront, je ne représente pas
systématiquement les potentiomètres de réglage de
niveau, qui seront sous-entendu être intégrés aux
étages d'entrée. Les résistances de sommation en
revanche seront toujours représentées.
Type des entrées
Le type des entrées dépend bien évidement des
besoins. Le besoin le plus classique d'un DJ se résume à
une entrée micro, à deux entrées RIAA (pour
platine disque vinyl), et à deux entrées de type ligne
(pour lecteurs CD ou MP3 par exemple). Pour la prise de son d'un petit groupe
musical, on pourrait avoir besoin de 8 voies micro. Si on fait de la
musique sur ordinateur avec des instruments externes (clavier,
échantillonneurs, expandeurs), on peut avoir besoin d'un
mélangeur possédant 12 ou 16 voies de type ligne.
L'idéal donc est de savoir quelle genre de sources sonores on
veut pouvoir mixer (en général, la réponse vient
rapidement... pour l'existant). Rien n'interdit en effet de se
constituer un petit mélangeur doté de 4 entrées
micro, de 2 entrées RIAA, d'une entrée instrument (pour
guitare), et de 6 entrées lignes... Il suffit d'un module
d'entrée adapté à l'usage que l'on veut en faire.
Exemple 1 : mélangeur stéréo, 2 entrée micro + 1 entrée ligne
Ca peut sembler ridicule à première vue (pfff, trois
entrées seulement), et pourtant, ça suffit pour mixer de
la musique d'un CD audio avec sa voix, et même avec la voie d'une
seconde personne.

Chaque entrée aboutie à un étage d'entrée
appelé ici PREAMPLI, même si l'étage
d'entrée ligne n'amplifie pas spécialement et joue juste
le rôle d'adaptation d'impédance et "d'isolateur". Les sorties des
préamplis sont raccordées ensemble au travers de
résistances de sommation, dont la valeur est assez
élevée pour que les étages restent bien
isolés les uns des autres, mais pas trop élevée
tout de même pour ne pas à avoir à
réamplifier exagérement par la suite. Notez que deux
résistances sont reliées sur les sorties des
préamplis mono associés aux entrées microphone
Mic1 et Mic2 : cela permet de retrouver le son monophonique des micros
sur les deux sorties gauche et droite de la sortie
qui elle est en stéréo. Je me suis amusé à
faire un tel système, fort simple au demeurant : un
espèce de
karaoké en plastique également appelé mélangeur
audio 005.
Exemple 2 : mélangeur stéréo, 1 entrée micro + 1 entrée guitare + 1
entrée ligne
Autant d'entrées que le montage précédent, mais
une voie micro a été remplacée par une
entrée guitare.

Comme on peut le constater en un coup d'oeil, seule une partie du
montage a changée : c'est le deuxième préampli qui
était auparavant dédié micro, et qui est
désormais dédié guitare. Mais on aurait tout
aussi bien pû conserver les deux entrées micro et retirer
l'entrée ligne. Tout comme on aurait pû conserver toutes
les entrées précédente et y ajouter
l'entrée guitare, ce qui aurait porté le nombre
d'entrées du mélangeur à quatre.
Exemple 3 : mélangeur stéréo, 8 entrées ligne
Cette fois, uniquement des entrées ligne, et huit étages
d'entrée stéréo totalement identiques. On retrouve
les résistances de sommation, qui assurent la fonction de
mélange des sources sonores.

Une version mono peut bien entendu être construite selon le
même principe, la moitié seulement des composants de la
version stéréo est dans ce cas nécessaire.

Nombre et types d'entrées...
Simplement en changeant le type de préampli, on peut se
constituer un mélangeur sur mesure. Vous voulez réaliser
un petit mélangeur pour vos boom ? Besoin de deux entrées
micro, deux entrées Phono (platines disque) et deux
entrées Ligne (lecteurs CD ou MP3) ? Tout à fait
possible, mon brave monsieur :

Des préamplis RIAA sont requis pour les entrées phono,
car les disque vinyl sont gravés avec un signal audio qui a
été "corrigé" au préalable (moins de graves
et plus d'aigus), et il convient de redonner au son capté par la
cellule phonocaptrice, sa teneur d'origine (en augmentant les basses
et en réduisant les aigus). Exemple de préampli RIAA.
Des entrées universelles ?
Vous ne savez pas vraiment ce que vous voulez, et vous aimeriez
disposer d'entrées que l'on peut utiliser aussi bien avec un
microphone, qu'avec une platine disque ou un lecteur CD. Est-ce
possible ? La réponse est oui, mais cela complique bien
sûr un peu le montage, puisqu'il faut un étage
préamplificateur dont le gain et la courbe amplitude /
fréquence sont adaptés au type de signal à
amplifier. Deux exemples de préamplis universels sont présentés en pages Préampli universel 001 (version avec AOP) et Préampli universel 002 (version à transistors).
Ajout d'un étage de sortie
Si je vous dis qu'on peut
se
passer d'un étage de sortie, vous allez surement me rire au nez.
Et
vous aurez raison. Non pas parce qu'on ne peut pas le faire (on peut),
mais parce que cela pourrait donner des résultats parfois peu
convaincants une fois le mélangeur relié sur certains
équipements.
Pourquoi ? Parce que l'endroit où a lieu la sommation des
différentes
sources (point commun à droite des résistances
placées en sortie des préamplis, sur les schémas
précédents) présente une impédance
relativement élevée, et que si l'on
relie ce point directement sur une entrée dont
l'impédance est trop
faible, le signal audio sommé risque d'être fortement
"perturbé". Il
est toujours préférable de disposer d'une
impédance de sortie basse,
surtout quand on travaille en tension comme c'est le cas ici (plus
d'explications sur la page Impédances).
Il vaut donc mieux prévoir cet
étage et vous dire qu'il est indispensable. Cet étage de
sortie peut avoir un gain fixe (par exemple 0 dB) ou un gain variable
(par exemple 0 dB à +12 dB), mais ce qu'on lui demande en
premier lieu est de présenter une impédance
d'entrée élevée (pour ne pas perturber le point de
sommation) et une impédance de sortie faible (pour pouvoir
attaquer n'importe quelle entrée même d'impédance
moyenne).

Plusieurs sorties ?
Disposer de plusieurs sorties peut rendre service quand on veut relier
son mixeur à deux amplificateurs, ou à un amplificateur
et à un enregistreur, en même temps. Cela est possible et
même très facile, puisqu'un seul composant est
nécessaire : un ou plusieurs AOP montés en suiveur. On peut ainsi
ajouter une sortie stéréo avec un seul TL082 ou NE5532, ou trois
sorties stéréo avec deux TL084.

On
peut bien sûr penser raccorder simultanement les entrées
de deux amplificateurs de puissance sur une même et unique sortie
de la table de mixage, mais cela peut poser des problèmes dans
certaines situations, et c'est pourquoi il est conseillé de
disposer de sorties indépendantes. Exemple de duplication d'une
sortie en trois sorties exposée
à la page Distributeur
audio 001.
Ajout d'un correcteur de tonalité
Un
correcteur de tonalité n'a rien d'obligatoire, et complique
sensiblement le montage, surtout si on en met un sur chaque voie. Comme
ici c'est nous qui décidons de nos besoins, on peut très
bien se
limiter à l'ajout d'un correcteur sur des voies micro (plus
nécessaire dû à la diversité des microphones et
des voix humaines), et laisser "à
plat" les autres voies, lignes et phono. Pour le correcteur lui-même,
on a le
choix : 2 ou 3 points de réglage (graves / aigus ou graves /
médium /
aigus). On peut mettre un correcteur distinct par voie d'entrée
et / ou
un correcteur général en sortie, mais pour ce dernier, je
pense qu'il
vaut mieux avoir recours à un correcteur externe un peu plus évolué (un
égaliseur 5 ou 10 bandes par exemple). D'un point de vue technologie,
on
peut utiliser du tout transistor ou des AOP. Question de goût, de
connaissances (quelqu'un qui a déjà pratiqué avec
des correcteurs simples et paramétriques sait ce qu'il veut),
mais
aussi selon type d'alimentation, car on préfère parfois
les transistors
quand on travaille avec une alimentation simple (non
symétrique).
L'ajout d'un correcteur sur une voie d'entrée se fait
après l'étage
d'entrée et avant la sommation, car on travaille en niveau ligne.

L'ajout
d'un correcteur de tonalité général se fait tout
à la fin de la chaine, après la sommation des diverses
sources.

Ajout d'un envoi / retour d'effet (Send / Return)
Tout
comme pour les correcteurs de tonalité, il y a possibilité de prévoir
un envoi / retour d'effet individuel pour chaque voie d'entrée, tout
comme il est possible d'en prévoir un général. Par général, on entend
la
possibilité d'envoyer sur une sortie (Send) du mélangeur, une
proportion plus ou moins importante de n'importe laquelle des voies
d'entrée. En clair, on peut disposer d'un effet externe tel qu'une
chambre d'écho, auquel on peut envoyer une certaine proportion d'une
voie ligne 1 et une proportion plus importante d'une voie ligne 2. Le
synoptique suivant montre le principe de l'envoi / retour individuel :

A la sortie de chaque étage d'entrée, un
potentiomètre (noté RVEE - EE pour Effet Envoi) permet de
prélever une partie plus ou moins importante du signal
traité sur la voie. Le signal ainsi prélevé,
disponible sur le curseur de chaque potentiomètre d'effet RVEE,
aboutit à un sommateur passif à résistance
(résistances REE), dont le point commun de sommation est
transmis sur la broche "Send" d'un connecteur de type jack
stéréo appelé Insert sur le schéma (en
pratique, on ajoute un étage électronique
supplémentaire entre le point de sommation et le connecteur). Ce
même connecteur Insert dispose d'un point d'entrée
"Return" qui permet de récupérer le signal sortant qui
aura été entre temps traité dans un
équipement externe, et de le réinjecter sur le bus de
sommation principal, via les résistances de sommation RER (ER
pour Effet Retour) qui jouent donc le même rôle que les
résistances de sommation RS déjà vu
précédement.
Ajout d'un monitoring / ampli casque
Le monitoring / ampli
casque est pratique quand on veut pouvoir préparer un source qui n'est
pas encore routée vers la sortie (fader baissé). Cela permet au DJ, à
l'animateur radio ou au preneur de son, de faire les réglages d'une
voie d'entrée (le gain d'entrée pour commencer) sans que tout le monde
entende les résultats des réglages. Pour de la sonorisation, on peut
préférer l'écoute d'une seule voie d'entrée à la fois, et pour de la
prise de son, on peut préférer écouter plusieurs entrées à la fois.
Dans les deux cas, la mise en oeuvre technique est similaire, on
utilise juste des commutateurs mécaniques (ou éventuellement
électroniques) différents : rotacteur multi-positions ou boutons
poussoirs avec verrouillage. Le synoptique suivant montre comment
effectuer une préécoute (pre-fader) sur une seule voie d'entrée à la
fois :

Le rotacteur K1 permet de sélectionner la voie à
pré-écouter : sur le synoptique qui
précède, il est en position 2 et permet donc
d'écouter ce qui sort du second étage d'entrée,
relatif à l'entrée Line2. Le synoptique suivant montre
comment
mettre en oeuvre un système de préécoute
permettant d'entendre
plusieurs voies d'entrée en même temps.

Les interrupteurs SW1, SW2 (SWx, etc pour les autres voies) peuvent
être activés en même temps, du fait de la
présence d'une résistance ajoutée en série
avec chacun d'eux, qui permet d'isoler entre elles les sorties des
étages d'entrée, et de ne pas provoquer de mise en
relation directe entre plusieurs sorties routées en même
temps vers la voie de monitoring.
Commutateurs mécaniques ou électroniques ?
La commutation des sources audio en vue de leur routage vers
l'amplificateur de monitoring peut être assurée par des
élements électromécaniques (c'est ce que
montraient les deux derniers synoptiques), ou par des élements
purement électroniques (portes analogiques - CD4051/2/3, CD4066 ou
CD4097 par exemple, commandées par
des signaux de commande logiques). L'usage de commutateurs
électroniques permet de limiter ou même de totalement
éliminer les bruits de commutation (très fréquents
avec les commutateurs mécaniques), mais au prix d'une
complication évidente de la circuiterie et du placement des
composants sur le circuit imprimé. Vous trouverez à la page Commutateurs
audio, quelques exemples de commutateurs électroniques.
Amplificateur casque
Côté
électronique de l'ampli casque, on peut "balayer large" : simple AOP
avec puissance de
sortie juste limite pour écouter chez soi, ou véritable ampli casque
"pro" avec une qualité et une réserve de gain fortement appréciée en
usage bruyant (sono). Il est important d'entendre un minimum ce qu'on
veut, surtout quand on a pris le pli de ne poser qu'un écouteur du
casque sur une oreille... Quelques schémas d'amplis casque sont
disponibles sur ce site (voir page Amplificateurs) ou
ailleurs sur le Net.
Ajout d'un vumètre et/ou crêtemètre
Luxe
ou pas
luxe ? Pas luxe du tout. Le vumètre ou crêtemètre (à aiguille ou
à leds) permet
d'évaluer parfois grossièrement mais bien souvent
suffisement le niveau
sonore (si vumètre à leds, 5 voyants me semble un strict
minimum). Bien
entendu, l'oreille est le complément indispensable du
vumètre, car
certaines musiques qui ne font pas bouger le vumètre peuvent
sonner
plus fort que d'autres qui mettent le vumètre dans le rouge. On
trouve
bien des petites mixettes sans aucun vumètre et sans aucun
indicateur
de crête, mais je vous assure que ça n'est pas très
sérieux. Si on veut
limiter au strict minimum les composantes lumineuses du
mélangeur, il
faut au moins conserver une petite led d'indication de surcharge pour
chaque entrée, histoire de situer globalement où on en
est pour chacune
d'elle. Personnellement, je pense qu'il est bon d'avoir un indicateur
de crête pour chaque voie (avant sommation) et un vumètre pour la sortie
générale (après sommation, comme le montre le synoptique suivant.

Le synoptique précédent montre seulement
l'idée générale : les leds "PEAK" ne sont pas
directement connectées en sortie des étages
d'entrée, mais sont cablées en sortie de petits
étages amplificateurs ou redresseurs simples, qui
eux-mêmes sont raccordés en sortie des étages
d'entrée. En acceptant un peu de routage additionnel des signaux
BF à contrôler, on peut se servir du
vumètre général pour visualiser n'importe lequel
des signaux d'entrée
en cours de préécoute, ou le signal de sortie
générale. C'est ce que montre le synoptique suivant.

Là encore, le synoptique est simplifié et n'a pour but
que de donner l'idée principale. La sortie
générale est de type stéréo et le rotacteur
K1 est de type simple, c'est pourquoi le synoptique laisse
apparaître deux résistances additionnelles entre les
sorties gauche et droite (Out_L et Out_R) et la borne 5 de K1. En
pratique, pour sélectionner et visualiser en même temps
deux voies audio (voies gauche et droite), il faut un rotacteur double.
Il existe heureusement de tels rotacteurs, voir page Commutateurs.
Voir aussi page Ajout
d'un vumètre
Gestion des niveaux
Le gestion des niveaux est assez simple
à comprendre. Elle consiste à faire travailler dans de bonnes
conditions les différents élements de la table de mixage. Les étages
d'entrée ne doivent pas recevoir de signaux d'amplitude trop élevée si
leur gain est élevé (risque de saturation) et ne peuvent pas se
satisfaire de signaux de trop faible amplitude (risque d'avoir trop de
souffle). D'où l'importance d'un indicateur lumineux qui se
manifeste avant
ecrêtage sur
chaque voie d'entrée. L'idée étant de dire "attention vous être trop
près du maximum permis" et non de dire "dommage, le son est bousillé,
vous auriez du faire plus attention". Au moment du mixage, il faut bien
être conscient que les voies mélangées s'additionnent. Ce qui signifie
qu'à certains moments le signal de sortie (après mélange) peut
présenter une très forte amplitude. Tout dépend bien sûr du contenu des
élements sonores mélangés, tant d'un point de vue amplitude que
fréquentiel. Si on mélange deux sources sonores rigoureusement
identiques, on double l'amplitude du signal que l'on aurait eu avec une
seule source (gain de +6 dB). Ca peut sembler gérable comme ça, mais la
multiplication de sources sonores peut vraiment poser un problème de
marge de manoeuvre, surtout si les circuits électroniques utilisés sont
alimentés avec une tension faible (alim sur pile). La différence
principale entre une console amateur et une console professionnelle
repose certes sur le choix des composants et sur la qualité de
fabrication générale (circuits imprimés et câblage filaire), mais aussi
sur la façon dont les niveaux ont été pensés. Sur une console
professionnelle, on peut espérer une grande dynamique des différents
sous-ensembles, ce qui autorise une plus grande marge avant d'arriver
dans le bruit de fond ou au seuil de saturation. Ces marges sont un peu
moins critiques sur une table de mixage grand public à cinq entrées,
mais l'utilisateur doit tout de même les "sentir". Quand le son n'est
pas bon, il faut bien bouger quelque chose quelque part...
Un de mes premiers mixeurs audio...
C'est mon deuxième
ou troisième mélangeur fait maison, je ne sais plus. Je l'ai
réalisé avec des préamplis micro en kit et le reste était plus ou moins
du bricolage, mais elle a servi plusieurs années à un de mes oncles,
qui me l'avait "commandée" quand j'avais 15 ans. La rouvrir presque 30
ans après m'a fait un drôle d'effet, surtout en ce qui concerne la
connectivité secteur : il me semble bien que je n'avais pas encore très
bien acquis la notion du danger...

Six
entrées dont quatre pour microphone et deux pour niveau ligne,
avec un
potentiomètre rotatif sur le dessus du pupitre pour le
réglage du
niveau de sortie général, qui se faisait en mono
(même pas de bouton plastique ou alu, il fallait un tournevis).

Réglage du niveau de sortie vite localisé...
Les
quatre entrées micro aboutissaient sur les entrées de deux préamplis
micro stéréo achetés en kit et équipés de LM381, et les entrées ligne
aboutissaient directement sur le réseau de sommation, sans étage
électronique entre les deux.
Le
réseau de sommation, assurée par 6 résistances de 220 KO, et des
potentiomètres que j'avais marqués au feutre pour limiter les erreurs
de câblage.
Le
sommateur actif de sortie, bâti autour d'un joyeux LM741 et de
quelques
résistances carbone (certaines de 1 W, vive la récup dans
les postes TV à lampes), le tout monté sur un petit bout
de plaque
d'expérimentation...
L'alimentation se faisait sur secteur, avec un transfo pour sonnette
d'entrée, une seule diode de redressement avec son condo de filtrage,
suivi d'une cellule RC pour parfaire la tension continue qui n'était
même pas régulée.

Et
croyez-moi si vous voulez, mais ça fonctionnait bien, sans
ronflette gênante et avec très peu de souffle !