Electronique > Bases > Alimentation Microphone à electret

Dernière mise à jour : 23/12/2012

Présentation

Vous trouverez ci-dessous le minimum à connaitre pour permettre l'utilisation d'un microphone à electret dans vos réalisations audio. Je ne parle ici que des petites capsules que l'on peut trouver à prix modique chez les revendeurs de composants électroniques, dont le diamètre est de l'ordre du centimètre, et qui nécessitent une alimentation de quelques volts.

Microphones electret

Pour des exemples pratiques, vous pouvez vous reporter aux pages Préampli micro 010 , Preampli micro 015, Préampli micro 019, ou encore aux pages Détecteur sonore 001 et Adaptateur micro electret pour entrée micro dynamique 001. Merci à Christophe E. pour les précisions et corrections qu'il m'a apportées pour cette page.

Qu'est-ce qu'un micro à electret ?

ECM = Electret Condenser Microphone
Un microphone à electret est un microphone doté d'un composant appelé Electret, qui peut être assimilé à un condensateur. Ce dernier possède la particularité d'être polarisé de façon permanente au moment de sa fabrication. Permanente en théorie, car en pratique, la polarisation diminue au fil du temps, ce qui provoque une baisse lente mais progressive de la sensibilité du micro. L'impédance de sortie du composant electret interne est très élevée, et on ne peut pas y connecter directement une charge fortement capacitive ou d'impédance trop faible. A cause de cela, il est impossible de raccorder directement la cellule à l'entrée d'un préampli "classique", surtout si le cable de liaison est de grande longueur. Pour cette raison, la capsule à electret comporte dans son boitier même, un petit étage électronique chargé d'abaisser cette haute impédance de sortie en une impédance de sortie plus faible et donc plus facilement exploitable. On trouve deux sortes de micros electret : ceux à deux fils et ceux à trois fils.

Capsule deux pattes capsule trois pattes

L'explication du "deux fils ou trois fils" est donnée par les schémas internes qui suivent.

micro_electret_contenu_001 micro_electret_contenu_002 micro_electret_contenu_003

Comme vous pouvez le constater, l'étage électronique qui accompagne le capteur se résume à un simple transistor FET, qui la plupart du temps n'apporte aucune amplification, tout en nécessitant toutefois une alimentation pour fonctionner. C'est la raison pour laquelle l'apport d'une tension continue externe est requise. Parfois, une diode de protection contre les charges electrostatiques trop importantes - qui pourraient détruire le transistor FET - est insérée dans la capsule. C'est le cas par exemple de la capsule KE4 de Seinnheiser. La consommation du microphone électret est très faible, et une simple pile est capable d'assurer de très longues heures de fonctionnement. Mais il est bien sûr aussi possible de profiter d'une alimentation phantom existante pour éviter l'emploi de pile. Ainsi, certains microphones du commerce acceptent aussi bien une alimentation pas pile (3 V par exemple), qu'une alimentation phantom 48 V pour fonctionner.

Câblage d'un microphone à electret

La façon d'alimenter la capsule electret dépend du nombre de pattes mises à disposition sur le boitier du micro. Pour les capsules à deux pattes, la broche d'alimentation est commune à la broche de sortie, et il n'existe qu'une sorte de cablage possible. Pour les capsules à trois pattes, une patte "spécifique" alim est prévue, mais on peut toutefois cabler le micro comme s'il s'agissait d'une capsule à deux pattes. Il peut sembler plus logique à première vue d'avoir une patte dédiée à l'alimentation, mais vous allez voir que l'alimentation d'une capsule à deux pattes reste très simple.

Principe de base
Il consiste à fournir une tension continue au microphone, tout en récupérant de ce dernier la tension alternative correspondant au signal audio. Que la capsule possède deux ou trois pattes, il y a toujours une patte qui est reliée électriquement au boitier métallique du microphone, et qui correspond à la masse.

Alimentation d'une capsule à deux pattes
Le schéma ci-dessous prouve que la capsule à deux pattes ne pose guère de problème pour son raccordement :

micro_electret_polar_001 Capsule deux pattes

Un des deux fils du micro est relié à la masse (c'est celui qui est relié au boitier métallique, fil du bas sur le schéma et sur la photo) et l'autre fil sert en même temps pour l'alimentation du microphone et la sortie BF. La résistance R1 permet de polariser le transistor FET inclus dans le microphone, alors que le condensateur C1 permet de bloquer la tension continue fournie par R1, et de ne laisser passer que le signal audio, qui est alternatif.
Remarque : dans un schéma électronique, la capsule electret est soit représentée par un symbole montrant son contenu, soit représentée par un sympbole de microphone classique. Ainsi, le schéma suivant est totalement identique au précédent (aux valeurs de composants près).

Electret - Alim 010a

La plupart des capsules electret peuvent se contenter d'une alimentation sous 1,5 V (une simple petite pile ronde), et ne pas nécessiter de résistance en série avec l'alimentation, comme le montre le schéma suivant.

electret_alim_010g

Le condensateur de liaison reste cependant indispensable pour empêcher la tension issue de la pile d'atteindre l'étage de préamplification qui fait suite. La consommation du microphone est assez faible pour qu'une pile de type R6 puisse durer plusieurs mois en continu.

Alimentation d'une capsule à trois pattes - Câblage N°1
Un premier fil est relié à la masse (c'est là encore celui qui est relié au boitier métallique du microphone), un second fil est également relié à la masse (c'est la borne "inférieure" du FET) et le dernier fil reçoit l'alimentation continue tout en fournissant le signal BF.

micro_electret_polar_002 capsule trois pattes

Cette configuration de cablage, qui ne nécessite là aussi que deux composants jouant le même rôle que précédement, est totalement identique à celle de la capsule à deux fils.

Alimentation d'une capsule à trois pattes - Câblage N°2
Un premier fil est relié à la masse (c'est toujours celui qui est relié au boitier métallique du microphone), un second fil est utilisé pour restituer le signal BF (borne "inférieure" du FET) et le dernier fil reçoit l'alimentation continue (borne "supérieure" du FET).

micro_electret_polar_003 capsule trois pattes

Pour un fonctionnement normal, une résistance de charge externe est obligatoire, c'est la raison d'être de la résistance de 10 kO qui précède le condensateur de liaison.
Remarque : les différences sonores entre les deux méthodes de cablage de la capsule à trois fils ne sont pas énormes, pour une résistance de polarisation / charge R1 de valeur identique, et le "gain" est du même ordre de grandeur.

Valeur des composants (pour capsules à deux ou trois pattes)
La valeur de la  résistance R1 peut être comprise entre 1 kO et 47 kO, pour toute tension d'alim comprise entre 3 V et 12 V. Plus la tension d'alimentation est élevée, plus la valeur de la résistance doit être élevée. Une valeur courante de cette résistance est de 2,2 kO pour une tension d'alimentation de 5 V, de 4,7 kO, 6,8 kO ou 8,2 kO pour une tension d'alimentation de 9 V, ou de 10 kO pour une tension d'alimentation de 12 V. Mais certains micros donnent le meilleur avec une résistance de 27 kO ou même 47 kO sous 12 V. Cette résistance détermine aussi en partie l'impédance de charge quand le micro est de type à deux fils. La valeur du condensateur C1 n'est pas vraiment très critique, et dépend de l'impédance d'entrée du montage qui va suivre. En pratique, vous pouvez adopter une valeur comprise entre 100 nF et 10 uF, sachant que la valeur devra être plus élevée si l'impédance d'entrée du montage qui suit est faible, alors qu'une valeur faible conviendra très bien si l'impédance d'entrée est élevée.

Echanges entre capsules 2 pattes et capsules 3 pattes
Il est généralement possible de remplacer une capsule 3 pattes par une capsule 2 pattes, ou inversement. Comme le condensateur de liaison (qui fait suite dans la quasi-totalité des montages) est externe, il n'est pas loin de l'endroit où est raccordé le fil de sortie du micro et est donc assez facile à repérer (souvent entre 1 uF et 22 uF).  La résistance de charge du microphone (celle qui amène sa tension d'alim) est elle aussi assez proche de la connectique du micro, et doit être tout aussi simple à trouver. Une fois ces deux composants repérés, il faut :
- pour échange capsule 3 pattes par une capsule 2 pattes : raccorder ensemble les deux connections "résistance" et "condensateur"
- pour échange capsule 2 pattes par une capsule 3 pattes : dessouder la patte de la résistance qui est branché sur la sortie du micro, et relier cette extrêmité de la résistance sur la patte d'alim du microphone.
Remarque : il semble qu'il soit plus facile de nos jours, de trouver des capsules à deux fils.

Amélioration possible

Le signal fourni par le micro est d'amplitude assez faible, et le préampli qui suit peut fournir un signal entaché de ronflette ou être sujet à de l'instabilité (oscillation parasite) si l'alimentation est insuffisement filtrée / régulée. L'utilisation d'une cellule de découplage de type RC sur l'arrivée d'alimentation du microphone, comme le montre le schéma ci-dessous, permet de minimiser le risque de problèmes :

Electret - Alim 010d

Autre façon de montrer un même type de cablage (il faut bien vous habituer à lire des schémas sous différents angles) :

electret_alim_010f

La façon de faire suivante est également possible (applicable à un micro à deux fils ou à trois fils), elle est utilisée par exemple dans mon préampli micro 019c, dans mon préampli micro 021 ainsi que dans mon détecteur sonore 001 :

Alim electret 010e

Selon le micro electret utilisé, et pour une tension d'alim de +12 V, la résistance R1 pourra prendre une valeur comprise entre 6,8 kO et 47 kO. J'ai même vu un schéma dans lequel la résistance R1 vallait 270 kO ! Il convient donc de connaitre la consommation réelle du microphone, qui normalement est communiquée par le fabricant. Si ce n'est pas le cas, ne pas hésiter à essayer diverses valeurs (10 kO, 22 kO, 47 kO, 68 kO, 81 kO, 100 kO), il en est qui donneront de meilleurs résultats que d'autres.

Branchement d'un micro electret sur une XLR

Dans certains cas, il peut être pratique d'utiliser une alimentation Phantom de 48 V pour alimenter un microphone electret basse tension. Le courant consommé par ce dernier est en effet bien plus faible que celui pouvant être fourni par une alimentation Phantom, et il suffit donc d'abaisser la tension de 48 V à une valeur plus convenable. Les schémas qui suivent montrent une façon de faire, supposant que le microphone electret utilisé nécessite une tension d'alimentation de +5 V et consomme un courant voisin du mA (on est généreux). La valeur attribuée aux deux résistances R1 et R2 conduisent à un courant consommé total voisin de 2 mA, environ 1 mA circulant dans la diode zener et autant circulant dans le microphone électret. Les valeurs ne sont en fait pas très critiques et pourront être ajustées en plus ou en moins en fonction de la capsule electret utilisée.

alim_electret_xlr_001a
Schéma pour un micro à deux pattes

alim_electret_xlr_001b
Schéma pour un micro à trois pattes

Dans les deux schémas, les broches actives de la XLR (bornes 2 - point chaud - et borne 3 - point froid) sont mises à contribution, bien que le signal source est de nature asymétrique et non symétrique. La raison en est simple : on utilise la broche 2 de la XLR pour récupérer le signal BF issu du microphone electret (en conservant la phase d'origine), et on utilise la broche 3 de la XLR pour l'alimentation du microphone. Vous pouvez donc regarder les schémas en vous disant que la broche 3 de la XLR fournit quelque chose (la tension d'alimentation), et que sa broche 2 réceptionne quelque chose (le signal BF). Disons qu'il s'agit là d'une "version particulière" d'une alimentation phantom, puisqu'on n'utilise pas un même fil électrique pour transporter en même temps la tension d'alimentation et le signal BF. Mais notez toutefois qu'on aurait pû, en n'utilisant seule la broche 2 de la XLR. Une autre solution, dans le même esprit, est présentée à la page Alimentation 48V / 1,5V. Et si vous avez une envie particulière de mélanger deux sources sonores et d'utiliser le 48 V Phantom pour alimenter deux micros, pourquoi ne pas aller faire une petite visite sur cette page Mélangeur audio actif 012 ?

Branchement d'un micro electret sur une entrée micro dynamique

Certains équipements audio sont dotés d'une entrée qui est prévue pour y raccorder un microphone dynamique basse impédance. Il est tout à fait possible d'y raccorder un microphone electret, moyennant l'apport d'une source d'énergie externe comme on vient de le voir avec l'exemple qui précède et où l'alimentation nécessaire au micro electret est tirée d'une source 48 V phantom. On peut aussi utiliser une pile et rester ainsi totalement autonome, c'est ce que montre l'exemple suivant, décrit à la page Adaptateur micro electret pour entrée micro dynamique 001.

adapt_mic_electret_entree_mic_dyn_001b adapt_mic_electret_entree_mic_dyn_001_proto_001a

Bien sûr, la pile doit être changée de temps en temps, mais le résultat est plus sûr en terme de qualité sonore qu'avec une alim secteur...

Sensibilité du micro et polarisation

Il existe plusieurs types de capsules electret, certaines sont plus sensibles que d'autres. J'en ai récupéré environ une dizaine dans des petits magnétophones portables mis au rebus, et en ai acheté quelques-une neuves (1 franc pièce à l'époque, 1 euro pièce maintenant) et ai eu l'idée de les tester toutes avec une même valeur de résistance de polarisation (R1 = 8,2 kO sous 9 V). Les fabricants préconisent parfois la valeur de la résistance de polarisation pour une ou plusieurs valeurs de tension d'alimentation (par exemple 4,7 kO avec alim 9 V) et quand ce n'est pas le cas il faut y aller au jugé. Les différences de niveau de sortie que j'ai relevées entre mes capsules vont jusqu'à un rapport de 10. Les moins sensibles sont les neuves, qui sont aussi les plus récentes de mon lot. La tension de sortie varie de quelques dizaines de mV à quelques centaines de mV quand je les tapote du doigt (on pourrait presque penser que l'on pourrait se passer de préampli). A comparer aux 20 mV max limités par saturation annoncés par certains constructeurs... J'ai diminué la résistance de polarisation  pour les micros les moins sensibles (6,8 kO, 4,7 kO puis 3,3 kO, toujours sous 9 V), afin de voir si l'on pouvait "récupérer le coup". Avec les capsules testées, ce n'était pas possible. Le micro avait même tendance à délivrer de moins en moins de signal au fur et à mesure que la valeur de la résistance diminuait. Je vois d'ici le petit sourire en coin du professionnel qui se dit : "Bien sûr, cela se passe comme ça. Il suffit de regarder comment est constituée l'electronique interne d'un micro electret.". Mais il me suffit de penser que les fabricants changent tout de même de temps en temps de procédé de fabrication, pour me dire que ce qui était vrai il y a vingt ans ne l'est plus forcement maintenant, et que rien ne vaut un petit test en grandeur nature, sans formule... Pour conclure ce paragraphe, il semble inutile de penser gagner un peu de niveau en sortie du micro en diminuant sa résistance de polarisation - sauf si bien sûr la valeur d'origine est très élevée. En revanche, essayez voir de l'augmenter un peu (10 kO ou 12 kO sous 9 V par exemple), et tirez-en les conclusions qui s'imposent pour vous.

Exemples de sensibilité pour quelques capsules electret

Remarque : la comparaison entre différentes capsules n'est pas toujours évidente car certains fabricants spécifient la sensibilité en mV / Pa (par exemple sensibilité de 10 mV / Pa) et d'autres la spécifient en dB ou dBV (par exemple sensibilité de -44 dB ou -52 dBV). Si on considère que le 0 dB (ou 0 dBV) fait référence à 1 V / Pa, alors un microphone electret donné pour une sensibilité de -44 dB présentera un niveau de sortie de 6,3 mV / Pa. Un microphone electret donné pour une sensibilité de -36 dB présentera un niveau de sortie de 20 mV / Pa, et un microphone electret donné pour une sensibilité de -60 dB présentera un niveau de sortie de 1 mV / Pa.
Comme vous pouvez le constatez, plus la valeur en dB est faible et moins important est la sensibilité. Et comme les écarts de dB sont "compressés", de faibles écarts en dB correspondent à de grands écarts en tension : 20 dB d'écart de sensibilité correspondent à un rapport de 10 en tension, et 40 dB d'écart de sensibilité correspondent à un rapport de 100 en tension ! Si on jette un coup d'oeil chez Farnell, on constate que les capsules proposées offrent une sensibilitée comprise entre -68 dBV / Pa (0,4 mV / Pa) et -33 dBV / Pa (22 mV / Pa), soit un rapport de niveau de 55 !
Pour rappel : 0 dB(V) = 1 V / Pa (1 Pa = 10 uBar = 94 dBSPL).
Pour plus de détail sur la conversion decibel / niveau, voir pages présentation des decibels et logiciel convertisseur d'unités.

Utilisation d'une capsule electret avec un microcontrôleur

C'est un peu hors sujet mais on peut en dire deux mots. Peut-on relier directement un microphone electret sur une entrée analogique ou numérique d'un microcontrôleur, pour une application de type "détecteur sonore" ? La réponse est non. Une casule electret délivre un signal électrique dont l'amplitude est bien insuffisante, de seulement quelques centaines de uV à quelques mV (voire dizaines de mV) en utilisation normale, c'est à dire avec voix parlée à bonne distance du microphone. Pour "analyser" un signal audio avec un microcontrôleur, il convient tout d'abord de l'amplifier énergiquement avec un préamplificateur. Si le micro est relié sur une entrée de type logique d'un microcontrôleur alimenté sous une tension de 5 V, il vous faut un signal d'au moins 1 V d'amplitude pour assurer une détection correcte (on peut se contenter de moins mais avec un réglage de sensibilité un poil plus délicat).

Avertissements

Rapport Signal / Bruit

Question qualité en terme rapport signal / bruit (S/B), les micros electret ne sont généralement pas terrible. Tout du moins pour les capsules grand public. Il est vrai qu'on ne demande pas la hifi à un microphone implanté dans un détecteur de bruits ou dans un téléphone portable. Si le rapport S/B se situe autour de 60 dB pour les capsules "sérieuses", il n'est pas rare de le voir descendre aux alentours de 40 dB voir même 30 dB !!! Mais il faut bien observer de telles différences pour justifier les écarts de prix (moins d'un euro pour les capsules grand public, plusieurs dizaines d'euros pour les plus sérieuses).

Microphone à electret et PC

Les cartes son grand public au standard Soundblaster possèdent parfois une entrée micro. Quand elle existe, cette entrée micro est conçue pour recevoir le signal électrique provenant d'un microphone à electret. Ce dernier nécessitant une alimentation, une petite astuce est mise en oeuvre pour permettre à la carte son elle-même de la fournir au micro. Le connecteur d'entrée Micro est en effet un jack de type stéréo, bien que l'entrée soit le plus souvent mono. L'anneau du jack inutilisé en mono (Ring) est donc mis à contribution pour véhiculer le +5 V fourni par la carte son, au travers une résistance (valeur comprise entre 2,2 kO et 10 kO selon fabricant) intégré à la carte son, vous n'avez pas besoin d'en rajouter une en externe. L'anneau Sleeve est raccordé à la masse, et l'anneau du bout (Tip) véhicule le signal audio.

Electret - Alim par carte son

Ce type de cablage convient parfaitement aux micros electret trois fils. Mais d'autres cartes son (compatibles ou non compatibles Soundblaster) ne respectent pas forcement ce type de cablage, et amènent le +5 V sur l'anneau Tip (à travers une résistance de 2,2 kO à 10 kO), qui véhicule déjà l'audio. Dans ce cas, l'anneau Ring (central) reste inutilisé ou est raccordé à la masse. Ce type de cablage convient aux micros electret deux fils. Pour plus de détails, merci de vous reporter à la page Préampli micro 002.

Microphone à electret et camescope

Certains camescopes délivrent une tension continue de l'ordre de 3 V sur leur entrée micro, afin d'alimenter un microphone à electret externe (Plugin Power chez Sony, par exemple). Cela évite l'emploi de pile additionnelles, mais peut être gênant si l'on souhaite utiliser un microphone dynamique simple ou déjà doté d'un préampli qui lui-même est déjà alimenté par pile. Si la tension délivrée par le caméscope vous gêne pour une raison ou pour une autre, vous pouvez la stopper en ajoutant un condensateur de liaison (voir exemple donné à la page Atténuateur BF fixe). Vous pouvez aussi jeter un oeil à la page Utilisation d'un microphone externe sur un caméscope.

Etude de modification d'une tête artificielle

Matthew F. (musicien) m'a un jour contacté pour une question relative à une tête artificielle binaurale Sennheiser de type MKE 2002 utilisée pour la prise de son de bruits d'ambiances et parfois de musique. Cette tête ayant vieilli, Matthew souhaitait remplacer les capsules electret d'origine par d'autres plus récentes. Malheureusement (si on peut dire ainsi), le remplacement direct semblait compromis, le brochage des capsules d'origine et celui des capsules récentes semblant différer. Je profite donc de sa demande pour faire ici le résumé d'un cas pratique ;-)

electret_mke2002_modif_001a

Câblage avec capsules d'origine
Schéma simplifié, je ne peux pas reproduire le schéma complet pour des questions de droits d'auteur. Mais le principal qui nous concerne est là. On y voit la capsule d'origine représentée par le capteur à proprement parler (condensateur encerclé), associé à un triangle qui représente l'adaptation électronique (amplificateur ou simple transistor à effet de champ avec sa résistance de charge). Aucune diode de protection n'est incluse dans la capsule et c'est pourquoi une diode externe est ajoutée (D2 et D3 sur le schéma d'origine). Le condensateur de liaison C1 empêche la tension continue de polarisation du micro de parvenir au préampli micro qui fait suite.

Capsules nouvelles (MK4)
Ces capsules intègrent d'origine une diode de protection, les deux diodes externes D2 et D3 d'origine peuvent donc être supprimées. Aucune résistance de charge / polarisation n'est intégrée dans les capsules d'origine, il faut donc en ajouter une en externe (une résistance par capsule). Le fabricant de la capsule MK4 spécifie la valeur de la résistance de charge en fonction de la tension d'alimentation. Pour une tension d'alim comprise entre 7,5 V et 9 V, cette résistance (nomée RX sur le schéma modifié) doit avoir une valeur de 18 kO. Finalement, rien de bien compliqué, on se contente de retirer les diodes D2 et D3 d'origine et on met deux résistances de 18 kO à la place.

electret_mke2002_modif_001b

Câblage de deux capsules en parallèle ?

Plusieurs musiciens m'ont écrit ces dernières années pour me demander s'il était possible de câbler deux capsules electret identiques en parallèle et sans autre forme de procès. Principalement pour des questions de place (dans une guitare, dans une flute et plus récement dans un harmonica). En toute franchise je ne savais pas vraiment si on pouvait le faire, et mes premières réponses étaient du genre "Cela ne me semble pas conseillé et je préconise plutôt une sommation après préamplification. Mais au moins un d'entre eux a tout de même essayé (avec des capsules electret mais aussi avec des piezo) et il a bien fait, car son retour a été plutôt positif.
"Cher Rémy, ce que vous m'aviez déconseillé de faire fonctionne finalement assez bien !".
Bon, très bien, je reconnais là mon erreur de n'avoir pas pris le temps de faire des tests avant de répondre. Et je salue l'initiative de celui qui n'a pas fait l'erreur de m'écouter sans se questionner davantage ;-)
Alors, un exemple et quelques conseils sur les modifications à apporter aux différents schémas vus ci-avant ? Et bien ma foi, on peut partir sur un des schémas proposés, je pense que vous saurez extrapôler avec les autres.

electret_alim_011a

Cette façon de faire choque l'oeil tout de même, vous ne trouvez pas ? Et je pressens dans les temps à venir - allez savoir pourquoi - quelques remarques fumeuses à mon égard sur ce petit bout de schéma.
Valeur de R1 : à tester en pratique, surtout si aucune valeur n'est préconisée par le fabricant des capsules utilisées. Si vous ne savez quelle valeur adopter, je vous suggère de relire les lignes qui précèdent. Au pif et sans aucun calcul, je suis tenté de dire qu'une valeur comprise entre 50% et 75% de la valeur à adopter pour un seul microphone, devrait être une bonne approche.
Valeur de C1 : à priori rien à changer, la valeur de ce condensateur définit la fréquence de coupure basse, en conjonction avec l'impédance d'entrée de l'étage amplificateur qui fait suite. Plus cette impédance d'entrée est élevée et plus la fréquence de coupure descend vers le bas du spectre. N'augmenter la valeur du condensateur que si vous sentez un manque manifeste de "basses".

Question de phase...
Bien entendu, je n'aurai pas l'affront de vous suggérer de faire attention à la distance entre les deux micros, qui a une influence énorme sur le rendu après sommation, puisque en fonction de la fréquence des signaux captés vous allez vous retrouver avec des bosses et creux plus ou moins marqués à cause des décalages de phase plus ou moins importants. Il me semble évident que des tests de positionnement des micros s'imposent avant de refermer la boîte. On n'a pas affaire ici à un couple stéréo AB ou XY mais à un couple mono. Pas la même chose, hum...

Historique

08/07/2012
- Ajout paragraphe "Utilisation d'une capsule electret avec un microcontrôleur".
18/12/2011
- Ajout paragraphe "câblage de deux micros electret en parallèle".