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à electret
Dernière mise à jour : 18/12/2011
Présentation
Vous trouverez ci-dessous le minimum à connaitre pour permettre
l'utilisation d'un microphone à electret dans vos
réalisations audio. Je ne parle ici que des petites capsules que
l'on peut trouver à prix modique chez les revendeurs de
composants électroniques, dont le diamètre
est de l'ordre du centimètre, et qui nécessitent une alimentation de
quelques volts.

Pour des exemples pratiques, vous pouvez vous
reporter aux pages Préampli
micro 010 , Preampli
micro 015, Préampli
micro 019, ou encore à la page Détecteur
sonore 001. Merci à Christophe E. pour les précisions
et corrections qu'il m'a apportées pour cette page.
Qu'est-ce qu'un micro à electret ?
ECM = Electret Condenser Microphone
Un microphone à electret est un microphone doté d'un
composant appelé Electret, qui peut être assimilé à
un condensateur. Ce dernier possède la
particularité d'être polarisé de façon
permanente au moment de sa fabrication. Permanente en
théorie, car en pratique, la
polarisation diminue au fil du temps, ce qui provoque une baisse
lente mais progressive de la sensibilité du micro.
L'impédance de
sortie du composant electret interne est très élevée, et
on ne peut pas y connecter directement une charge fortement capacitive
ou d'impédance trop faible. A cause de cela, il est impossible
de raccorder directement la cellule à l'entrée d'un
préampli "classique", surtout si le cable de liaison est de
grande longueur. Pour cette raison, la capsule à electret
comporte dans son boitier même, un petit étage électronique
chargé d'abaisser cette haute impédance de sortie en une
impédance de sortie plus faible et donc plus facilement exploitable. On
trouve deux sortes de micros electret : ceux à deux fils et ceux à
trois fils.

L'explication du "deux fils ou trois fils" est donnée par les schémas
internes qui suivent.

Comme
vous pouvez le constater, l'étage électronique qui
accompagne le capteur se résume à un simple
transistor FET, qui la
plupart du temps
n'apporte aucune amplification, tout en nécessitant toutefois
une alimentation pour fonctionner. C'est la raison pour laquelle
l'apport d'une tension continue externe est requise. Parfois, une diode
de protection contre les charges
electrostatiques trop importantes - qui pourraient détruire le
transistor FET - est insérée dans la capsule. C'est le
cas par exemple
de la capsule KE4 de Seinnheiser. La consommation du
microphone électret est très faible, et une simple
pile est capable d'assurer de très longues heures de
fonctionnement. Mais il est bien sûr aussi possible de profiter
d'une alimentation
phantom existante pour éviter l'emploi de
pile. Ainsi, certains microphones du commerce acceptent aussi bien une
alimentation pas
pile (3 V par exemple), qu'une alimentation phantom 48 V pour fonctionner.
Câblage d'un microphone à electret
La façon
d'alimenter la
capsule electret dépend du nombre de pattes mises à
disposition sur le
boitier du micro. Pour les capsules à deux pattes, la broche
d'alimentation est
commune à la broche de sortie, et il n'existe qu'une sorte de
cablage possible. Pour les capsules à trois pattes, une
patte "spécifique" alim est prévue, mais on peut
toutefois cabler le
micro comme s'il s'agissait d'une capsule à deux pattes. Il peut
sembler
plus logique à première vue d'avoir une patte
dédiée à l'alimentation, mais vous allez voir que
l'alimentation d'une capsule à deux pattes reste très
simple.
Principe de base
Il
consiste à fournir une tension continue au microphone, tout en
récupérant de ce dernier la tension alternative
correspondant au signal
audio. Que la capsule possède deux ou trois pattes, il y a
toujours une patte qui est reliée électriquement au
boitier métallique du microphone, et qui correspond à la
masse.
Alimentation d'une
capsule à
deux pattes
Le schéma ci-dessous prouve que la capsule à deux pattes
ne pose guère de problème pour son raccordement :

Un
des deux fils du micro est relié à la masse (c'est celui qui est relié
au
boitier métallique, fil du bas sur le schéma et sur la photo) et
l'autre fil sert en même temps pour
l'alimentation du microphone et la sortie BF. La résistance R1
permet de polariser le
transistor FET inclus dans le microphone, alors que le
condensateur C1 permet de bloquer la
tension continue fournie par R1, et de ne laisser passer que le
signal
audio, qui est alternatif.
Remarque
: dans un schéma électronique, la capsule electret est soit représentée
par un symbole montrant son contenu, soit représentée par un sympbole
de microphone classique. Ainsi, le schéma suivant est totalement
identique au précédent (aux valeurs de composants près).

La plupart des capsules electret peuvent se contenter d'une
alimentation sous 1,5 V (une simple petite pile ronde), et ne pas
nécessiter de résistance en série avec
l'alimentation, comme le montre le schéma suivant.

Le condensateur de liaison reste cependant indispensable pour
empêcher la tension issue de la pile d'atteindre l'étage
de préamplification qui fait suite. La consommation du
microphone est assez faible pour qu'une pile de type R6 puisse durer
plusieurs mois en continu.
Alimentation d'une
capsule à
trois pattes - Câblage N°1
Un
premier fil est relié à la masse (c'est là encore celui qui est relié
au
boitier métallique du microphone), un second fil est également relié à
la masse (c'est la borne "inférieure" du FET) et le dernier fil reçoit
l'alimentation continue tout en fournissant le signal BF.

Cette
configuration de cablage, qui ne nécessite là aussi que deux composants
jouant le même rôle que précédement, est totalement identique à
celle de la capsule
à deux fils.
Alimentation d'une
capsule à
trois pattes - Câblage N°2
Un
premier fil est relié à la masse (c'est toujours celui qui est relié
au
boitier métallique du microphone), un second fil est utilisé pour
restituer le signal BF (borne "inférieure" du FET) et le dernier fil
reçoit
l'alimentation continue (borne "supérieure" du FET).

Pour un
fonctionnement normal, une résistance de charge externe est
obligatoire, c'est la raison d'être de la résistance de 10 kO qui précède
le condensateur de liaison.
Remarque
: les différences sonores entre les deux méthodes de cablage de la
capsule à trois fils ne sont pas énormes, pour une résistance de
polarisation / charge R1 de valeur identique, et le "gain" est du même
ordre de grandeur.
Valeur des composants
(pour capsules
à deux ou trois pattes)
La valeur de la résistance R1 peut être comprise
entre 1 kO et 47 kO, pour toute tension d'alim comprise entre 3 V
et 12 V. Plus la tension d'alimentation est élevée, plus
la valeur de la résistance doit être
élevée. Une valeur courante de cette résistance
est de 2,2 kO pour une tension d'alimentation de 5 V, de 4,7 kO, 6,8 kO ou 8,2 kO
pour une
tension d'alimentation de 9 V, ou de 10 kO pour une
tension d'alimentation de 12 V. Mais certains micros donnent le meilleur
avec une résistance de 27 kO ou même 47 kO sous 12 V. Cette
résistance
détermine aussi en partie l'impédance de charge
quand le
micro est de type à deux fils. La valeur du
condensateur C1 n'est pas vraiment très critique, et
dépend de l'impédance d'entrée du montage qui va
suivre. En pratique, vous pouvez adopter une valeur comprise entre
100 nF et 10 uF, sachant que la valeur devra être plus
élevée si l'impédance d'entrée du montage
qui suit est faible, alors qu'une valeur faible conviendra très
bien si l'impédance d'entrée est élevée.
Echanges entre capsules 2 pattes et capsules 3 pattes
Il est généralement possible de remplacer une capsule 3
pattes par une capsule 2 pattes, ou inversement. Comme le condensateur
de liaison (qui fait suite dans la quasi-totalité des montages)
est externe, il n'est pas loin de l'endroit où est
raccordé le fil de sortie du micro et est donc assez facile
à repérer (souvent entre 1 uF et 22 uF). La
résistance de charge du microphone (celle qui amène sa
tension d'alim) est elle aussi assez proche de la connectique du micro,
et doit être tout aussi simple à trouver. Une fois ces
deux composants repérés, il faut :
- pour échange capsule 3 pattes par
une capsule 2 pattes : raccorder ensemble les deux connections
"résistance" et "condensateur"
- pour échange capsule 2 pattes par
une capsule 3 pattes
: dessouder la patte de la résistance qui est branché sur
la sortie du micro, et relier cette extrêmité de la
résistance sur la patte d'alim du microphone.
Remarque : il semble qu'il soit
plus facile de nos jours, de trouver des capsules à deux fils.
Amélioration possible
Le signal fourni par le micro est d'amplitude assez faible, et le
préampli qui suit peut
fournir un signal entaché de ronflette ou être sujet
à de l'instabilité (oscillation parasite) si
l'alimentation est
insuffisement filtrée / régulée. L'utilisation
d'une cellule de découplage de type RC sur l'arrivée
d'alimentation du microphone, comme le montre le schéma
ci-dessous, permet de
minimiser le risque de problèmes :

Autre façon de montrer un même type de cablage (il
faut bien vous habituer à lire des schémas sous
différents angles) :

La façon de faire suivante est également
possible (applicable à un micro à deux fils ou à
trois fils), elle est utilisée par exemple dans mon préampli
micro 019c, dans mon préampli micro 021 ainsi que dans mon détecteur
sonore 001 :

Selon le micro electret utilisé, et pour une tension d'alim
de +12
V, la résistance R1 pourra prendre une valeur comprise entre 6,8 kO et
47 kO. J'ai même vu un schéma dans lequel la
résistance R1 vallait 270
kO ! Il convient donc de connaitre la consommation réelle du
microphone, qui normalement est communiquée par le fabricant.
Si ce n'est pas le cas, ne pas hésiter à essayer diverses
valeurs (10 kO, 22 kO, 47 kO, 68 kO, 81 kO, 100 kO), il en est qui donneront de
meilleurs résultats que d'autres.
Branchement d'un micro electret sur une XLR
Dans
certains cas, il peut être pratique d'utiliser une alimentation
Phantom
de 48 V pour alimenter un microphone electret basse tension. Le courant
consommé par ce dernier est en effet bien plus faible que celui
pouvant
être fourni par une alimentation Phantom, et il suffit donc
d'abaisser
la tension de 48 V à une valeur plus convenable. Les
schémas qui suivent
montrent une façon de faire, supposant que le microphone electret
utilisé
nécessite une tension d'alimentation de +5 V et consomme un
courant
voisin du mA (on est généreux). La valeur
attribuée aux deux résistances R1 et R2
conduisent à un courant consommé total voisin de 2 mA,
environ 1 mA
circulant dans la diode zener et autant circulant dans le microphone
électret. Les valeurs ne sont en fait pas très critiques
et pourront être
ajustées en plus ou en moins en fonction de la capsule electret
utilisée.

Schéma pour un micro à
deux pattes

Schéma pour un micro à
trois pattes
Dans
les deux schémas, les broches actives de la XLR (bornes 2 -
point chaud - et borne 3 - point froid) sont mises à
contribution, bien
que le signal source est de nature asymétrique et non
symétrique. La
raison en est simple : on utilise la broche 2 de la XLR pour
récupérer
le signal BF issu du microphone electret (en conservant la phase
d'origine), et on utilise la broche 3 de la XLR
pour l'alimentation du microphone. Vous pouvez donc regarder les
schémas en vous disant que la broche 3 de la XLR fournit quelque
chose
(la tension d'alimentation), et que sa broche 2 réceptionne
quelque
chose (le signal BF). Disons qu'il s'agit là d'une "version
particulière" d'une alimentation phantom, puisqu'on n'utilise
pas un
même fil électrique pour transporter en même temps
la tension
d'alimentation et le signal BF. Mais notez toutefois qu'on aurait
pû,
en n'utilisant seule la broche 2 de la XLR. Une autre solution, dans le
même esprit, est présentée à la page Alimentation
48V /
1,5V.
Et si vous avez une envie particulière de mélanger deux
sources sonores et d'utiliser le 48 V Phantom pour alimenter deux
micros, pourquoi ne pas aller faire une petite visite sur cette page Mélangeur audio actif 012 ?
Sensibilité du micro et polarisation
Il existe plusieurs types de capsules electret, certaines sont plus
sensibles que d'autres. J'en ai récupéré environ
une dizaine dans des petits magnétophones portables mis au
rebus, et en ai acheté quelques-une neuves (1 franc pièce
à l'époque, 1 euro pièce maintenant) et ai eu
l'idée de les tester toutes avec une même valeur de
résistance de polarisation (R1 = 8,2 kO sous 9 V). Les fabricants
préconisent parfois la valeur de la résistance de polarisation pour une
ou plusieurs valeurs de tension d'alimentation (par exemple 4,7 kO avec
alim 9 V) et quand ce n'est pas le cas il faut y aller au
jugé. Les
différences de niveau de sortie que j'ai relevées entre mes capsules
vont
jusqu'à un rapport de 10. Les moins sensibles sont les neuves,
qui sont aussi les plus récentes de mon lot. La tension de
sortie varie de quelques dizaines de mV à quelques centaines de
mV quand je les tapote du doigt (on pourrait presque penser que l'on
pourrait se passer de préampli). A comparer aux 20 mV max
limités par saturation annoncés par certains
constructeurs... J'ai diminué la résistance de
polarisation pour les micros les moins sensibles (6,8 kO, 4,7 kO
puis
3,3 kO, toujours sous 9 V), afin de voir si l'on pouvait
"récupérer le coup". Avec les capsules testées, ce
n'était pas possible. Le micro avait même tendance
à délivrer de moins en moins de signal au fur et à
mesure que la valeur de la résistance diminuait. Je vois d'ici
le petit sourire en coin du professionnel qui se dit : "Bien sûr,
cela se passe comme ça. Il suffit de regarder comment est
constituée l'electronique interne d'un micro electret.". Mais il
me suffit de penser que les fabricants changent tout de même de
temps en temps de procédé de fabrication, pour me dire
que ce qui était vrai il y a vingt ans ne l'est plus forcement
maintenant, et que rien ne vaut un petit test en grandeur nature, sans
formule... Pour conclure ce paragraphe, il semble inutile de penser
gagner un peu de niveau en sortie du micro en diminuant sa
résistance de polarisation - sauf si bien sûr la valeur d'origine est
très élevée. En revanche, essayez voir de
l'augmenter un peu (10 kO ou 12 kO sous 9 V par exemple), et tirez-en
les
conclusions qui s'imposent pour vous.
Exemples de sensibilité pour quelques capsules electret
- Sony ECM-44B : sensibilité 2,2 mV / Pa (-53 dBV / Pa), BP 40 Hz - 15 kHz, rapport S/B 62 dB, 122 dBSPL max, alim 1,5 V
- Shure PG30 : sensibilité 2,5 mV / Pa (-52 dBV / Pa), BP 60 Hz - 18 kHz, rapport S/B 61 dB, alim recommandée +5 V (max 10 V).
- ECM300 : sensibilité 4 mV / Pa, bande passante 50 Hz - 18 kHz.
- ProSignal MCE-100 : sensibilité 5,6 mV / Pa, BP 50 Hz - 10 kHz, S/B 34 dB, alim 1,5 V à 10 V
- Sony ECM-MS907 : sensibilité 5,6 mV / Pa (-45 dBV / Pa), BP 100 Hz - 15 kHz, 110 dBSPL max, alim 1,5 V
- Panasonic WM64 : sensibilité 6,2 mV / Pa. Alim max 10 V / 0,5 mA, polariser la capsule sous tension alim +5 V.
- Philips LBC1055 : sensibilité 6,3 mV / Pa, BP 100
Hz - 17 kHz. Avec alim 9 V, résistance alim (vers +9 V) = 8,2 kO et
résistance de charge (entre sortie et masse) = 2,2 kO.
- Sony ECM-MS957 : sensibilité 7,9 mV / Pa (-42 dBV / Pa), BP 50 Hz - 18 kHz, 115 dBSPL max, alim 1,5 V
- Sennheiser KE4 : sensibilité 10 mV / Pa (1 mV /
microbar), bande passante 20 Hz - 20 kHz (à 4 dB), rapport S/B 58 dB
(alim comprise entre
0,9 V et 15 V).
- Panasonic WM61A : sensibilité 19,5 mV / Pa. Alim max 10 V / 0,5 mA, polariser la capsule sous tension alim +3 V.
Remarque
: la comparaison entre différentes capsules n'est pas toujours évidente
car certains fabricants spécifient la sensibilité en mV / Pa (par
exemple sensibilité de 10 mV / Pa) et d'autres la spécifient en dB ou
dBV (par exemple sensibilité de -44 dB ou -52 dBV). Si on considère que
le 0 dB (ou 0 dBV) fait référence à 1 V / Pa, alors un microphone
electret donné pour une sensibilité de -44 dB présentera un niveau
de sortie de 6,3 mV / Pa. Un microphone electret donné pour
une sensibilité de -36 dB présentera un niveau de sortie de 20 mV
/ Pa, et un microphone electret donné pour une sensibilité de -60
dB présentera un niveau de sortie de 1 mV / Pa.
Comme vous pouvez
le constatez, plus la valeur en dB est faible et moins important est la
sensibilité. Et comme les écarts de dB sont "compressés", de faibles
écarts en dB correspondent à de grands écarts en tension : 20 dB
d'écart de sensibilité correspondent à un rapport de 10 en tension, et
40 dB d'écart de sensibilité correspondent à un rapport de 100 en
tension ! Si on jette un coup d'oeil chez Farnell, on constate que les
capsules proposées offrent une sensibilitée comprise entre -68 dBV / Pa
(0,4 mV / Pa) et -33 dBV / Pa (22 mV / Pa), soit un rapport de niveau
de 55 !
Pour rappel : 0 dB(V) = 1 V / Pa (1 Pa = 10 uBar = 94 dBSPL).
Pour plus de détail sur la conversion decibel / niveau, voir pages présentation des decibels et logiciel convertisseur d'unités.
Rapport Signal / Bruit
Question
qualité en terme rapport signal / bruit (S/B), les micros electret
ne sont généralement pas terrible. Tout du moins pour les capsules
grand public. Il est vrai qu'on ne demande pas la hifi à un microphone
implanté dans un détecteur de bruits ou dans un téléphone portable. Si
le rapport S/B se situe autour de 60 dB pour les capsules "sérieuses",
il n'est pas rare de le voir descendre aux alentours de 40 dB voir même
30 dB !!! Mais il faut bien observer de telles différences pour
justifier les écarts de prix (moins d'un euro pour les capsules grand
public, plusieurs dizaines d'euros pour les plus sérieuses).
Microphone à electret et PC
Les cartes son grand public au standard Soundblaster possèdent
parfois une entrée
micro. Quand elle existe, cette entrée micro est conçue
pour recevoir le signal électrique provenant d'un microphone
à electret. Ce dernier nécessitant une alimentation, une
petite astuce est mise en oeuvre pour permettre à la carte son
elle-même de la fournir au micro. Le connecteur d'entrée
Micro est en effet un jack de type stéréo, bien que
l'entrée soit le plus souvent mono. L'anneau du jack
inutilisé en
mono (Ring) est donc mis à contribution pour véhiculer le
+5 V fourni par la carte son, au travers une résistance (valeur
comprise entre 2,2 kO
et 10 kO selon fabricant) intégré à la carte son,
vous n'avez pas besoin
d'en rajouter une en externe. L'anneau Sleeve est raccordé
à la masse, et l'anneau du bout (Tip) véhicule le signal
audio.

Ce type de cablage convient parfaitement aux micros electret trois
fils. Mais d'autres cartes son (compatibles ou non compatibles
Soundblaster) ne respectent pas forcement ce type de cablage, et
amènent le +5 V sur l'anneau Tip (à travers une
résistance de 2,2 kO à 10 kO), qui véhicule
déjà l'audio. Dans ce cas, l'anneau Ring (central) reste
inutilisé ou est raccordé à la masse. Ce type de
cablage convient aux micros electret deux fils. Pour plus de détails, merci de vous reporter à la page Préampli micro 002.
Microphone à electret et camescope
Certains camescopes délivrent une tension continue de l'ordre de
3 V sur leur
entrée micro, afin d'alimenter un microphone à electret
externe (Plugin Power chez Sony, par exemple).
Cela évite l'emploi de pile additionnelles, mais peut être
gênant si l'on souhaite utiliser un microphone dynamique simple
ou déjà doté d'un préampli qui
lui-même est déjà alimenté par pile. Si la
tension délivrée par le caméscope vous gêne
pour une raison ou pour une autre, vous pouvez la stopper en ajoutant
un condensateur
de liaison (voir exemple donné à la page Atténuateur BF
fixe).
Vous pouvez aussi jeter un oeil à la page Utilisation
d'un
microphone externe sur un caméscope.
Etude de modification d'une tête artificielle
Matthew F. (musicien) m'a un jour contacté pour une question
relative à une tête artificielle binaurale Sennheiser de
type MKE 2002 utilisée pour la prise de son de bruits
d'ambiances et parfois de musique. Cette tête ayant vieilli,
Matthew souhaitait remplacer les capsules electret d'origine par
d'autres plus récentes. Malheureusement (si on peut dire ainsi),
le remplacement direct semblait compromis, le brochage des capsules
d'origine et celui des capsules récentes semblant
différer. Je profite donc de sa demande pour faire ici le
résumé d'un cas pratique ;-)

Câblage avec capsules d'origine
Schéma simplifié, je ne peux pas reproduire le
schéma complet pour des questions de droits d'auteur. Mais le
principal qui nous concerne est là. On y voit la capsule
d'origine représentée par le capteur à proprement
parler (condensateur encerclé), associé à un
triangle qui représente l'adaptation électronique
(amplificateur ou simple transistor à effet de champ avec sa
résistance de charge). Aucune diode de protection n'est incluse
dans la capsule et c'est pourquoi une diode externe est ajoutée
(D2 et D3 sur le schéma d'origine). Le condensateur de liaison
C1 empêche la tension continue de polarisation du micro de
parvenir au préampli micro qui fait suite.
Capsules nouvelles (MK4)
Ces capsules intègrent d'origine une diode de protection, les
deux diodes externes D2 et D3 d'origine peuvent donc être
supprimées. Aucune résistance de charge / polarisation
n'est intégrée dans les capsules d'origine, il faut donc
en ajouter une en externe (une résistance par capsule). Le
fabricant de la capsule MK4 spécifie la valeur de la
résistance de charge en fonction de la tension d'alimentation.
Pour une tension d'alim comprise entre 7,5 V et 9 V, cette
résistance (nomée RX sur le schéma modifié)
doit avoir une valeur de 18 kO. Finalement, rien de bien
compliqué, on se contente de retirer les diodes D2 et D3
d'origine et on met deux résistances de 18 kO à la place.

Câblage de deux capsules en parallèle ?
Plusieurs musiciens m'ont écrit ces dernières années pour me demander s'il était possible de câbler deux capsules electret identiques
en parallèle et sans autre forme de procès. Principalement pour des
questions de place (dans une guitare, dans une flute et plus récement
dans un harmonica). En toute franchise je ne savais pas vraiment si on
pouvait le faire, et mes premières réponses étaient du genre "Cela ne
me semble pas conseillé et je préconise plutôt une sommation après
préamplification. Mais au moins un d'entre eux a tout de même
essayé (avec des capsules electret mais aussi avec des piezo) et il a
bien fait, car son retour a été plutôt positif.
"Cher Rémy, ce que vous m'aviez déconseillé de faire fonctionne finalement assez bien !".
Bon,
très bien, je reconnais là mon erreur de n'avoir pas pris le temps de
faire des tests avant de répondre. Et je salue l'initiative de celui
qui n'a pas fait l'erreur de m'écouter sans se questionner davantage ;-)
Alors,
un exemple et quelques conseils sur les modifications à apporter aux
différents schémas vus ci-avant ? Et bien ma foi, on peut partir sur un
des schémas proposés, je pense que vous saurez extrapôler avec les
autres.

Cette
façon de faire choque l'oeil tout de même, vous ne trouvez pas ? Et je
pressens dans les temps à venir - allez savoir pourquoi - quelques
remarques fumeuses à mon égard sur ce petit bout de schéma.
Valeur
de R1 : à tester en pratique, surtout si aucune valeur n'est préconisée
par le fabricant des capsules utilisées. Si vous ne savez quelle valeur
adopter, je vous suggère de relire les lignes qui précèdent. Au pif et
sans aucun calcul, je suis tenté de dire qu'une valeur comprise entre
50% et 75% de la valeur à adopter pour un seul microphone, devrait être
une bonne approche.
Valeur de C1 : à priori rien à changer, la
valeur de ce condensateur définit la fréquence de coupure basse, en
conjonction avec l'impédance d'entrée de l'étage amplificateur qui fait
suite. Plus cette impédance d'entrée est élevée et plus la fréquence de
coupure descend vers le bas du spectre. N'augmenter la valeur du
condensateur que si vous sentez un manque manifeste de "basses".
Question de phase...
Bien
entendu, je n'aurai pas l'affront de vous suggérer de faire attention à
la distance entre les deux micros, qui a une influence énorme sur le
rendu après sommation, puisque en fonction de la fréquence des signaux
captés vous allez vous retrouver avec des bosses et creux plus ou moins
marqués à cause des décalages de phase plus ou moins importants. Il me
semble évident que des tests de positionnement des micros s'imposent avant de
refermer la boîte. On n'a pas affaire ici à un couple stéréo AB ou XY mais à un couple mono. Pas la même chose, hum...
Historique
18/12/2011
- Ajout paragraphe "câblage de deux micros electret en parallèle".