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Dernière mise à jour : 01/10/2006
Présentation
Un splitter microphone est un appareil qui permet de dupliquer un
signal BF provenant de la sortie d'un microphone.
On peut donc aussi appeler cela un distributeur
audio.
Si on compare ce genre d'appareil à un distributeur audio pour
niveau ligne, on constate qu'il existe quelques différences non
négligeables :
- Un signal BF provenant d'un microphone est d'amplitude
inférieure à l'amplitude d'un signal BF
délivré par une sortie ligne;
- Un microphone, s'il est de type électrostatique,
nécessite une alimentation (alimentation
Phantom)
pour fonctionner.
Nous verrons dans les lignes qui suivent, comment sont
constitués les splitters micro passifs (usage de transformateur
BF, pas d'alimentation) et les splitters micro actifs
(nécessitant une alimentation).
Splitter micro passif (à transfo)
Un transformateur BF possédant un primaire et deux secondaires
séparés permet de dupliquer le plus simplement du monde
un signal BF provenant de la sortie du microphone (un microphone
dynamique de type SM58, par exemple) :

Cà, c'est pour la fonction de base. On peut bien sûr
s'imaginer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, et
que tout transfo BF de ce type associé à trois XLR suffit
pour se faire sa petite boite magique. On peut aussi se douter que ce
n'est pas aussi simple que cela, et aller un peu plus loin dans la
réflexion. Tout d'abord, quel type de transfo utiliser ? Parce
que finalement, il n'y a pas à réfléchir autant
pour les autres composants. Il en existe des dizaines, des petits et
des gros, alors comment choisir ? Et bien pour pouvoir choisir un
transfo BF, il faut avoir un minimum de notions dans le domaine
technique, à commencer par les niveaux de tension (en volts ou
en décibels)
et l'impédance.
On peut
aussi faire confiance aux fabriquants, qui fournissent en
général des indications assez claires pour vous aider
à faire votre choix dans la multitude de leur production. En
temps normal, les indications données (bande passante,
impédance, niveau maximum permis avant saturation) suffisent
pour bien vous aiguiller.
Pertes dues au
transformateur
Un transformateur, quel qu'il soit, présente des pertes
d'insertion. L'énergie fournie sur son primaire ne se retrouve
pas intégralement restituée sur son ou ses secondaires.
La perte n'est en général pas phénoménale,
et c'est encore heureux. Mais il faut savoir que c'est comme ça.
"Mais, je croyais avoir entendu dire qu'un transformateur BF pouvait
être utilisé en entrée d'un préampli micro,
et qu'il pouvait apporter un gain de 20 dB à lui tout seul..."
Et bien on ne vous a pas menti. Mais c'est un peu différent du
cas qui se présente ici, où les préamplis existent
déjà avec toute leur électronique adaptée,
et pas forcement adaptée pour recevoir sans autre forme de
procès, un transfo additionnel. Un transfo splitter
possède au moins deux secondaires, et l'énergie qu'on lui
fournie ne se multiplie pas par l'opération du St-Esprit. Il
faut bien partager.
Et l'alimentation phantom
pour mon
électrostatique ?
Ah bah oui, le montage présenté ci-avant est simple, mais
ne convient que pour des microphones dynamiques. Une alimentation
phantom fournie par une entrée de console raccordée
à l'une des deux sortie XLR Out, est perdue et ne parvient pas
au microphone (un transformateur
ne laisse pas passer une tension continue). Il nous faut donc une
sortie directe, qui ne passe pas par le transformateur, comme le montre
le schéma suivant.

Là, ça va déjà mieux, l'alimentation
phantom qui vient de la console peut être acheminée au
microphone si on utilise la sortie XLR Out Direct, et on dispose de
deux sorties additionnelles qui pourront être exploitée
simultanément et de façon totalement isolées. Oui
mais... cette fois, le microphone voit à ses bornes deux charges
: celle de l'entrée de la console, et le primaire du
transformateur, qui sont toutes deux reliées en
parallèle. Conséquence ? une petite perte de niveau, qui
s'additionne à la petite perte déjà dûe au
transformateur lui-même. La tension de sortie du microphone
chute, ce qui se répercute en même temps sur les sorties
isolées. La perte totale n'est pas immense, de l'ordre de
quelques 1 dB à 3 dB (perte plus importante sur les sorties
isolées que sur la sortie directe). Mais c'est autant de rapport
signal / bruit perdu, puisque les caractéristiques des
préamplis qui font suite ne changent pas pour autant : leur
niveau intrinsèque de bruit reste le même, et on leur
fournit moins de signal utile.
Splitter micro actif (électronique)
Le principe d'un splitter actif est totalement différent d'un
splitter passif. Dans un splitter actif, on procède à une
amplification du signal d'entrée, et ensuite on le duplique,
soit par de l'électronique, soit par un ou plusieurs transfos.
L'usage de transfo(s) en sortie est préféré car
cela permet une isolation totale entre les équipements qui vont
y être raccordés (comme pour le splitter
entièrement passif). L'usage de sorties électronique
permet un coût de revient réduit, mais n'assure pas
d'isolation galvanique entre les sorties. Le synoptique ci-dessous
montre un exemple de ce que l'on peut faire.

On se retrouve donc avec un préamplificateur additionnel, qui
possède ses propres caractéristiques de bruit et
accoustiques, et qui ne sera pas forcement préféré
aux préamplis qui vont recevoir les signaux dupliqués.
L'avantage de ce type de produit réside bien sûr dans le
niveau des sorties dupliquées. Mais cet argument ne suffit pas
bien entendu dans le choix final du type de splitter, surtout que le
splitter actif a en plus besoin d'une alimentation pour fonctionner.
C'est sans doute pour cela que les splitters passifs ont semble-t-il
encore la préférence.
Et pour les connections de masse ?
Même combat que pour les boites de direct.
Les
risques de ronflette ne sont pas moindre avec ce type
d'équipement, et certaines précautions de cablage doivent
être prises. Les schémas ci-avant montrent des connections
de masse sur chaque XLR d'entrée et de sorties, mais cela n'est
fait que pour simplifier leur lecture et leur compréhension. En
réalité, les masses n'ont pas toujours
interêtà être raccordées. En entrée
par exemple, vous avez toujours interêt à placer une
cellule série de type RC (résistance condensateur) entre
la pin 1 de la XLR et le boitier métallique qui acceuille
l'ensemble des composants. Cette cellule se comporte comme une
terminaison (presque un court-circuit) pour les hautes
fréquences, alors qu'elle est vue comme un circuit ouvert pour
les basse fréquences (grâce au condensateur de faible
valeur qui ne se laisse pas "traverser" par les fréquences
basses). Il est possible de faire de même pour les sorties, tout
en prévoyant un interrupteur pour court-circuiter si
nécessaire la cellule RC et assurer ainsi une connection directe
entre pin 1 et masse (inter Ground / Lift).

Les valeurs données ici aux composants de la cellule RC sont des
valeurs que l'on retrouve assez souvent dans les montages existants,
mais elles ne sont pas critiques "à 100%". Un condensateur de
8,2 nF ou de 6,8 nF, et une résistance de 47 ou 56 ohms
conviennent tout autant.