Dernière mise à jour : 25/07/2009
Présentation
Depuis plusieurs années, j'entendais parler
d'hémorroïdes, sans savoir exactement de quoi il
s'agissait. J'avais bien la notion de "l'emplacement du
problème", mais je ne m'étais jamais questionné
plus que ça. Pourtant, plusieurs collègues à mon
travail en ont souffert et en ont parlé, cependant sans donner
dans le détails. Si on veut savoir de quoi il s'agit, on peut
bien se renseigner nous-même... mais plus volontier au travers
d'ouvrages écrits ou d'articles en ligne. Comme si en parler
avec ceux qui connaissent le problème était tabou. Il
faut reconnaitre qu'on ne parle pas facilement de certains sujets,
même entre amis, surtout quand il s'agit de ses zones corporelles
intimes. J'ai eu quelques problèmes hémorroïdaires
pendant plusieurs années, que je jugeais insignifiants car non
douloureux. Puis est venu l'heure que je découvre ce qu'il en
était réellement... A tel point que je me suis rapidement
persuadé qu'il fallait que j'écrive un petit mot sur le
sujet, histoire de partager mes expériences avec ceux qui ne
savaient pas encore ce que c'était.
Qu'est-ce que les hémorroïdes ?
Les hémorroïdes sont des renflements au niveau de l'anus et
/ ou du rectum, liés à une dilatation importante des
veines, et peuvent être comparées aux varices qui
apparaissent parfois sur les jambes. Elles peuvent être
"simplement" irritantes et provoquer des démangeaisons, ou
être vraiment douloureuses et rendre pénible la position
assise. Elles peuvent saigner au moment où l'on va à la
selle (au moment de la défécation) ou même parfois
pendant que l'on marche. Ce phénomène concerne un grand
nombre de personnes, puisqu'un adulte sur trois environ est
touché (un sur deux au delà de 50 ans). Les causes
principales des hémorroïdes sont liés à notre
mode et
hygiène de vie, mais aussi à certains évenements
joyeux telle la
grossesse de madame (dans ce dernier cas, les hémorroïdes
sont presque toujours passagères et disparaissent après
l'accouchement). Constipations ou diarrhées fréquentes,
obésité, portage de charges lourdes, vieillissement
prématuré des tissus, peuvent conduire au
développement des hémorroïdes. Certaines
activités sexuelles peuvent également être des
facteurs à risque, tel la pénétration anale.
Mes hémorroïdes
Mes hémorroïdes ne m'avaient jamais fait souffrir une seule
fois en plus de
5 ans, mais elles me gênaient car elles saignaient parfois
beaucoup et m'obligeaient à prendre des "précautions"
pour ne pas salir mes vêtements (ça peut se voir de
l'extérieur). Si je devais donner un ordre de grandeur
concernant leur fréquence, je dirais que les saignements
survenaient environ deux fois par mois, et duraient à chaque
fois entre deux et cinq jours. J'utilisais des serviettes
hygiéniques, comme celles qu'utilisent certaines femmes
lorsqu'elles ont leurs règles. Je ne trouvais pas cela
très confortable, mais je n'avais pas vraiment d'autres options.
Et puis au bout d'un moment, on finit tout de même par s'y faire
un peu. Entre deux maux, j'avais choisi le moindre. Puis un jour pas
comme les autres, je suis tombé bien malade. Très forte
fièvre, envie d'aller aux toilettes une trentaine de fois dans
la journée, sans arriver à uriner ni
déféquer. Après diagnostic médical (radio,
échographie, analyses sanguine et urinaire), il est apparu que
j'avais droit à une prostatite. Bon, une infection à
traiter, on attend que ça guérisse... Mais durant trois
jours, j'allais aux toilettes sans arrêt, et restais sur la
cuvette longtemps, persuadé "que ça allait finir par
sortir". Quelle belle erreur de ma part !
Evolution majeure
A force d'insister, j'ai achevé en beauté la sortie de
mes hémorroïdes, qui jusqu'alors étaient
restées internes ou si elles sortaient rentraient assez
facilement dans l'anus. J'ai ainsi atteint le quatrième et
dernier degré de leur évolution, qui imposait un
traitement d'urgence. Je me suis retrouvé à l'hopital,
avec une douleur intense et continue au niveau de l'anus, qui m'avait
totalement empêché de dormir la nuit
précédente et me faisait marcher bien bizarrement (sur le
coup je ne rigolais pas du tout). La douleur était assez intense
pour me faire tourner de l'oeil et me donner envie de vomir à
intervalles réguliers, et seul une injection de morphine m'a
permis de me détendre et de me reposer un peu. A suivi un
séjour de 10 jours à l'hopital, sous antibiotiques,
anti-inflamatoires et anti-douleurs. La seule chose à faire
à ce moment là était de faire dégonfler les
hémorroïdes, une opération chirurgicale
n'était alors pas envisageable, tellement le "chou-fleur" (nom
donné aux hémorroïdes externes bien gonflées)
autour de l'anus était imposant. Au bout d'une semaine,
ça allait réellement mieux, le traitement était
efficace. De toutes les hémorroïdes, une seule restait
complètement gonflée, et ne pouvait se dégonfler
car il s'agissait d'un beau caillot de sang, auquel on donnait le joli
nom de thrombose hémorroïdaire (on apprend des tas de
choses dans ses maladies). Le caillot de sang a été
retiré "dans la foulée", lors d'une petite
opération au scalpel sans anésthésie, dans ma
chambre d'hopital (opération presque anodine qui ne
nécessitait pas un déplacement au bloc
opératoire). Le chirurgien m'a montré le caillot, qui en
taille n'avait rien à envier à un bel oeuf de
Pâques sucré. Dans l'heure qui suivait, je ne sentais
presque plus rien, si ce n'est une légère irritation
à certains moments, rien cependant en comparaison de ce que
j'avais enduré quelques jours auparavant. Je suis sorti de
l'hopital, sachant que je devais y revenir un mois après pour
me faire opérer.
En attente de l'opération
L'opération chirurgicale n'était pas obligatoire, mais je
n'ai pas eu beaucoup de temps pour y réfléchir. Les
choses étaient revenues à un stade "normal", et j'ai pris
le temps de me documenter et de questionner mon entourage. Je voulais
avoir l'avis de plusieurs personnes sur la nécessité
d'une opération, j'étais presque totalement
persuadé qu'une simple évolution de mes habitudes de vie
permettrait de faire disparaître ou limiter fortement les risques
à venir. Je découvrais que mes nombreuses heures aux
toilettes avec une revue d'électronique entre les mains pour
passer le temps, mon manque d'hydratation (je ne bois quasiment pas
d'eau), mon manque d'exercices physiques, mon alimentation pas au top,
contribuaient largement à mes problèmes. En même
temps, cette saleté d'expérience me revenait sans
arrêt en mémoire et j'avais du mal à me dire que
cela ne pouvait pas revenir un jour. Je devais donc faire un choix :
abandonner l'opération et faire attention à moi, ou me
faire opérer et tout de même faire attention à moi.
Le choix n'était pas facile, et j'ai finalement opté pour
l'opération, bien que personne n'ait cherché à me
cacher son côté douloureux et la longue durée de
récupération, d'environ un mois.
Mon opération chirurgicale (Hémorroïdectomie)
L'opération, qui consistait à enlever au bistouri une
partie des tissus où se trouvent les hémorroïdes, a
eu lieu sous anésthésie générale,
début juillet 2009, et tout s'est bien déroulé.
Après mon réveil, j'étais surpris de ne presque
rien sentir, après tout ce que l'on m'avait dit des suites de
l'opération (le chirurgien m'avait bien informé que
j'allais déguster pendant une dizaine de jours après
l'opération). J'étais
presque content, me disant qu'il s'agissait de ces petites "rumeurs"
volontaires que l'on fait passer pour faire apparaître la douleur
moins intense. Ce n'était que mon premier jour...
Le lendemain, sont apparues les premières "contractions". Je ne
sais pas si c'est le terme à employer, peut-être
devrais-je appeler ça des "spasmes". Toujours est-il qu'il
s'agissait de brusques et fortes montées de douleur au niveau de
l'anus, qui arrivaient très vite (une fraction de seconde) et
duraient très peu de temps (environ une à deux secondes).
Mais d'une intensité telle que je poussais un cri de douleur
à chaque fois ! Ces "contractions", assez espacées dans
le temps, étaient fortement désagréables mais les
périodes de repos étaient en comparaison assez longues et
je me disais que je pouvais supporter. Je voyais bien que cela
gênait un peu les infirmières quand je leur disais que je
préférais ne pas recevoir d'anti-douleur, et que je
préférais essayer de vivre sans. J'ai compris assez
rapidement ce qui les gênaient...
Les contractions sont devenues de plus en plus fréquentes, et
j'ai eu droit à une crise de douleur identique à celle
que j'avais connue lors de ma première poussée
hémorroïdaire. Bien entendu, les anti-douleurs font plus
d'effet quand la douleur ne s'est pas encore bien installée.
Dans mon cas, j'avais trop attendu, je me croyais le plus fort (je
reconnaissais bien mon côté têtu). Il faut dire que
j'ai tout de même réussi, avec un peu de concentration,
à "bloquer" une vingtaine de contractions ! Mais au bout d'un
moment, elles étaient trop rapprochées, je n'arrivais
plus à suivre. Et on a du me mettre une seconde fois sous
morphine, je tremblais et je pleurais comme... un homme qui pleure.
Durant mon séjour de quatre jours à l'hopital qui ont
suivi mon opération, j'ai eu droit à deux épisodes
de ce genre. Douleurs aigues et ponctuelles, malheureusement trop
rapprochées pour être "controllées". Et comme si cela ne suffisait pas, il fallait aller
à la selle, et là... autre type de douleur : une douleur
continue, une espèce de brulure intense juste après la
défécation. Le médecin m'avait dit de ne surtout
pas s'essuyer avec du papier toilette, mais aller à la douche et
se laver au jet d'eau (comme le fond les japonais). OK. Mais pour se
lever de la cuvette et se déplacer vers la douche, bonjour !
Heureusement que l'eau froide (surtout pas chaude) sur les fesses et
sur l'anus soulageait un peu la douleur. Il faut dire que cela
s'expliquait facilement : du fait de l'endroit où les choses se
passaient, la cicatrisation devait se faire de façon naturelle,
impossible de recoudre pour éviter toute infection avec les
selles. Bref, de la chair à vif, sensible à souhait, que
l'on doit laisser cicatriser toute seule ! Désolé pour
les détails, mais il faut bien en parler, non ?
Retour à la maison
Je devais reprendre le boulot quatre jours après
l'opération, pas d'arrêt de travail. Et bien pour
être franc, moi qui ne suis pas du genre tire-au-flan, j'ai
demandé un arrêt de travail de quelques jours à mon
médecin traitant ! Je ne pouvais marcher et m'assoir qu'avec
peine, je ne pouvais quasiment pas monter et encore moins descendre les
escaliers, et surtout, je devais aller à la douche après
chaque passage aux toilettes ! Vachement pratique au boulot, où
cela se serait passé sur plusieurs étages ! J'ai donc
repris progressivement possession de mes mouvements chez moi, avec
interdiction totale de porter des charges lourdes et avec d'infinies
précautions pour me lever ou m'assoir sur un siège bien
rembouré (chaise en bois avec un bon coussin). J'ai
essayé la bouée qui permet de s'assoir sans faire toucher
l'entre-fesses sur du dur, mais cela ne me convenait pas : efficace au
niveau des fesses mêmes, mais gêne dans les jambes, sans
doute liée à la pression exercée par la
bouée en haut des jambes. Un coussin semi-dur me convenait
mieux. Dix jours
après l'opération, j'avais toujours des douleurs, mais
tout de même bien plus supportables, parfois tout de même
avec nécessité de m'enfiler quelques grammes de
paracétamol (pas trop violent, ça va). La visite
post-opératoire chez le chirurgien a confirmé que tout
allait bien, un anus bien rose "de bébé", pas d'infection
ni de de "fermeture" gênante de l'anus. Bref, encore des
douleurs, mais des bonnes douleurs, tout ce qu'il y a de plus normal.
Médicaments anti-douleur
Je suis de nature assez récalcitrant à la prise
systématique de médicaments, mais je ne suis pas
opposé à la médecine. Pour cette affaire
d'hémorroïdes, j'ai eu droit à une injection
quasi-continue d'anti-douleurs pendant toute ma période
d'hospitalisation, sur trois degrés de "force d'action", selon
l'intensité de la douleur. Une fois rentré à la
maison (après l'opération), j'ai essayé au mieux
de limiter la prise des médicaments qui m'avaient
été prescrits, à savoir couple
Dextropropoxyphène / Paracétamol et Paracétamol
seul. Pas moins têtu qu'avant, je décidais de n'en prendre
que si vraiment je pensais cela nécessaire - autrement dit
seulement si j'avais vraiment très mal. Là encore, j'ai
vite compris que je n'étais toujours pas le plus fort, et j'en
ai pris plus d'une fois : au début uniquement quand la douleur
devenait pénible, et par la suite de façon
systématique, avant que la douleur prenne le dessus. Les quinze
jours qui ont suivi l'opération, le paracétamol seul ne
me suffisait absolument pas, j'ai donc pris le "niveau 2". Ce n'est
qu'au bout de vingt jours que j'ai pû passer au
paracétamol simple. Evidement, chacun possède une
sensibilité différente à la douleur, et ce
"schéma de prises médicinales" me correspondait et ne
correspond peut-être pas à d'autres. Le délai de
rétablissement normal après opération chirurgicale
est de un mois en moyenne, et je constatais au vingtième jour
une nette amélioration (plutôt de fortes gênes que
de fortes douleurs). Pas vraiment un anti-douleur, l'huile de parafine
m'a permis d'aller à la selle avec moins de craintes et avec plus de
facilité (prise pendant trois semaines).
En résumé
On m'avait bien informé sur les suites de l'opération,
qui devaient être douloureuses. Sur ce point, j'ai
été bien informé, je confirme... J'ai appris que
refuser un anti-douleur pouvait être vraiment idiot de ma part.
Là, il ne s'agissait pas d'une douleur informant d'un
problème qu'il aurait été dangeureux d'occulter -
puisque le problème était connu, mais d'une douleur qui
faisait suite à une opération. Il n'y avait donc pas
d'inconvénient majeur à la diminuer. Bref, des douleurs
intenses dans les jours qui ont suivi l'opération, de deux
sortes :
- douleurs ponctuelles liées aux contractions brutales et aigues qu'on ne sent pas toujours venir (bonjour la surprise);
- douleur continue liées à une forte irritation, dans
l'heure qui suit le passage des selles sur la chair à vif.
Je ne me sens pas spécialement "protégé" par
l'intervention chirurgicale passée, et je compte bien faire plus
attention à moi et à ma façon de vivre :
- arrêt de la lecture dans les toilettes (j'abusais vraiment, ma femme et mes enfants peuvent témoigner),
- boire plus d'eau,
- manger plus de fruits, légumes, fibres (céréales, pains de grains entiers),
- marches à pied plus systématiques (nous avons
programmé plus de sorties avec les enfants, sur la base du
volontariat pour ce qui les concerne),
- surveillance accrue de mon poids, j'ai droit à de l'embonpoint
et n'ai pas envie que ça aille plus loin (mon IMC dépasse
la normale, test),
- port de sous-vêtements en coton, abandon de ceux contenant du
lycra (ces derniers sont peut-être plus confortables, mais la
transpiration est moins bien évacuée),
- me lever plus souvent quand je dois rester assis plusieurs heures
d'affilé (j'ai commencé à développer un petit minuteur qui fera office
d'aide-mémoire).
Liens utiles
http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=hemorroides_pm
http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/hemorroides.htm