Dernière mise à jour : 20/05/2012
Avertissement
Cet "article" n'est pas un "blog épanchement" mais une réflexion.
Il
parle de mon divorce, qui doit être prononcé au deuxième semestre 2012.
Je ne suis pas du genre à m'épancher pour conter mes petits malheurs,
et vous verrez d'ailleurs qu'après le difficile moment de la prise de
décision en elle-même, ma future ex-femme et moi avons suffisement
réfléchi à la situation pour la rendre la moins désagréable possible. A
tel point que nous allons fêter l'évènement avec les enfants. Oui, une
vraie fête. On le fait bien dans certains pays après un enterrement.
Alors, pourquoi ne pas marquer cela comme un grand changement qui nous
sera profitable à tous ?
Séparation ?
Mai 2011 : pour être franc, je ne m'attendais pas à ça. Au bout de 20
ans de vie commune et après naissance de cinq enfants, je ne pensais
pas cela possible. Mais l'avenir est fait de surprises. Ma femme
m'annonce vouloir notre séparation. Elle veut vivre une nouvelle vie,
celle qu'elle mène ne lui convient plus.
Juin 2011 : nouvelles refléxions... au paragraphe "Comment je vois la chose".
Mars 2012 : l'évenement est "digéré". Ma femme a un nouveau logement et la séparation sera effective aux grandes vacances 2012.
Mai 2012 : non seulement l'évènement est digéré, mais en plus on va le fêter. Oh, je vois des sourires et des grimaces ;-)
A qui la faute ?
Ni ma
femme ni moi n'avons cherché à mettre quelqu'un en cause. Nous sommes
deux, nous avons chacun nos qualités et nos défauts - que j'englobe sous
l'appellation "caractéristiques de comportement" - avec des
associations qui collent et d'autres non. Si nous n'avons pas cherché à
établir une liste de fautes, cela ne nous a pas empêché de
réfléchir aux causes qui ont conduit à cette décision. Il est certain
que cela n'est pas
venu d'un coup, nous en étions tout de même à vingt ans de vie
commune ! Des petites choses qui au fil du temps nous
attaquent de l'intérieur, et dont on ne peut pas affirmer qu'elles sont
apparues sans qu'on en ait conscience. On voit bien les petites choses
qui agacent, mais on se dit que tout ce qui va bien à côté peut
largement rétablir l'équilibre. Quelle belle erreur de jugement, digne
de la politique de l'autruche ! Sans chercher un "plus fautif que
l'autre", je dois reconnaître que de mon côté je m'en sors mieux
en communication professionelle qu'en communication de couple...
Et les enfants ?
Priorité
est donnée à nos enfants. L'évènement est douloureux et nous en avons
longuement discuté avec eux. Ils ont conscience qu'ils ne sont
nullement responsables de ce qui se passe, et ils savent aussi que les
jours à venir seront difficiles et tristes pour nous tous. Nous sommes
suffisement
grands pour gérer la situation en êtres responsables et adoptons le "mode amiable". L'idée première est de donner l'exemple
d'un couple qui sait gérer une crise le plus intelligement
possible.
La
question principale et
la plus délicate concernait bien sûr la garde des enfants. Au moment de
la décision, ils étaient âgés de un an et demi pour la petite
dernière (née à la maison)
à douze ans pour l'ainée. Pas facile. Au début je souhaitais disposer
de la garde des enfants... et bien sûr le souhait de ma femme était le
même. C'est qu'il en faut du temps de réfléxion et de discussion pour
mettre tous les élements dans la balance. Si c'est moi, alors... et si
c'est toi, alors... Aujourd'hui nous pensons plus raisonnable
que ce soit ma femme qui en bénéficie. Le plus dur dans l'affaire est
de ne pas se sentir "perdant" - quelqu'un qui mérite moins. Mais
avec des efforts, on arrive à passer au-dessus de cette terrible
sensation. Je dois dire que la maladie qui m'a touchée en plein dans
cette période difficile (mon cancer)
n'a pas été sans effet dans l'acceptation de notre décision. D'ailleurs
je ne peux m'empêcher de penser qu'il existe une relation plus
qu'étroite entre les trois évenements majeurs que je vivais à ce moment
(recentrage professionnel, maladie et divorce).
Annonce : comment l'ai-je prise ?
Plusieurs façon d'aborder la situation...
Suis-je en colère ? (mai 2011)
Absolument pas. J'ai bien sûr du accuser le choc mais je
dois reconnaître que certaines évolutions sont nécessaires dans la vie.
J'ai toujours considéré ma femme comme une femme merveilleuse, et ce à
plus d'un titre. Elle sait prendre en main de maître une ribambelle
d'enfants parfois débordante d'énergie, elle possède une capacité
d'organisation générale que je ne possède pas et a toujours su engager
la conversation quand quelque chose n'allait pas. Et en plus elle est
dotée d'un humour fin qui ne m'a jamais laissé insensible. Si je
veux que les choses s'améliorent à l'avenir et qu'elles gardent une
tournure positive pour l'ensemble de la famille, nous devons vivre les
évenements comme ils nous semblent les plus justes. Bien entendu la
notion de justesse nécessite de nouvelles réflexions et
discussions, et paradoxalement ce sont les derniers jours de notre vie commune qui ont été
les plus porteur d'échanges. Car bien sûr toute
nouvelle vie - tant familiale que professionnelle - fait émerger des
peurs nouvelles et on a besoin de mettre pas mal de choses à plat,
d'entendre des mots rassurants et encourageants. De ce côté nous avons
tous deux conscience à quel point le soutien que l'un peut apporter à l'autre peut
avoir une importance capitale. Ma femme a décidé de rester à la
maison pendant ma période de soins intensifs (traitement de mon cancer), et je l'aiderai dans
la mesure de mes moyens à construire sa nouvelle vie. Si cela se passe
bien, tout le monde - elle, les enfants et moi - en sortiront vraiment
grandis. Le but est bien d'améliorer nos vies en les réorientant, pas
de les détruire...
Suis-je en colère ? (juin 2011)
Oui.
Je l'étais en fait depuis le début mais me le cachais à moi-même. Je
voulais sans doute qu'on me voit comme le monsieur
fort qui encaisse tout sans broncher, qui accèpte les choses de la vie
comme elles arrivent. Et puis une amie très proche de ma femme et moi
m'a aidé à me reveiller. Non, je n'étais pas prêt à laisser
tomber ce qu'on avait mis vingt ans à construire. Oui, j'étais
malheureux,
et tout ce que j'ai gardé au fond de moi devait sortir. Il ne fallait
pas que je laisse de mauvais sentiments entretenir le développement de ma maladie.
Je ne bloquais pas pour autant les souhaits de ma femme, qui reste
entièrement responsable et libre de ses choix. Mais si je ne posais pas
plus de conditions que lors des premiers jours, en revanche j'ai dit ce
que j'avais sur le coeur. Je suis homme mais avant tout humain, la
séparation me faisait très peur et je la redoutais. Evidement, le fait de m'être
exprimé de la sorte incitait de nouvelles pistes de réfléxion, nous
n'avions pas fini d'en discuter à la maison... Après avoir compris que ça devait se faire, ça allait mieux.
La suite... (mars 2012)
La
vie avance, la décision est confirmée. La séparation aura lieu durant
les grandes vacances 2012. Un grand chemin a été parcouru depuis juin
2011. Il faut dire que les discussions ont vraiment débuté fin 2011,
une fois ma chimiothérapie terminée. Il m'était évidement impossible de
traiter les deux sujets en même temps, priorité à la vie. Nous avons la chance de gérer
tout ceci à l'amiable. On ne peut pas dire qu'il n'y a aucune tension,
mais dans l'ensemble on est fier de s'en sortir aussi bien. Les enfants
ont conscience que cette séparation est préférable à une relation qui
dure malgré elle.
Fêter l'événement (mai 2012) ?
Il
peut paraître étrange de vouloir fêter un événement de ce genre. Et
pourtant... Beaucoup de séparations ou de divorces ont lieu dans la
douleur. Nous ne voulons pas de ça chez nous, et il ne tient qu'à nous
de faire ce qu'il faut pour limiter les dégâts. On ne va pas mentir en
disant qu'il n'y a pas de tristesse à la maison. Il y en a. On ne
regrette pas la vie de famille que nous avons connue, elle a bel et
bien existée et nous a apporté à tous un véritable lot de richesses. On
ne peut pas du jour au lendemain tirer un trait sur ce genre de chose.
Comme nous prenons désormais des directions différentes, et que
nous avons envie de faire ressortir les choses positives, nous avons
décidé de fêter l'événement. Ce genre de décision est loin d'être
anodin, autant pour les parents que pour les enfants. C'est une façon
de "cloturer proprement" une vie avant d'en commencer une autre. Pour
les enfants, cela montre qu'on peut faire des choix difficiles en
gardant l'esprit ouvert. Nous ne corrigeons pas une erreur, nous nous
adaptons.
Anecdote :
même pour un divorce à l'amiable, on est obligé de faire appel à un
avocat et de passer devant un juge aux affaires familiales. Comme nous
avons déjà parfaitement établi les règles de partage des biens et des
enfants (avec l'aide de gens expérimentés car on oublie facilement
certains détails), nous avons juste besoin d'une signature
officielle. Nous avons donc contacté une vingtaine d'avocats et avons
précisé la situation. L'un d'eux ne nous a pas prit au sérieux quand
nous lui avons dit que nous nous étions déjà mis d'accord sur
l'ensemble des points : "Ca ne durera pas. Tous les divorces finissent mal.".
Je comprend sa réaction (il doit en voir des vertes et des pas mûres),
mais je n'excuse pas ce genre d'affirmation qui n'en est pas
une. J'avais bien envie de dire un gros mot, mais je me suis
retenu.