Dernière mise à jour : 24/04/2011
Bon, excellent... ou mauvais ?
Prétentieux d'aborder ainsi la question ? J'en ai mis des années à
comprendre ça, mais cette
fois, ça y est ! Interressant... Se poser la question ainsi
permet de mieux voir qui on est vraiment. Si le terme "mauvais"
n'apparait pas dans la question du titre, ce n'est pas parce qu'on ne
peut pas être mauvais. C'est parce qu'il faut se poser la
question dans le bon contexte. Et pour moi, le bon contexte est celui
où l'on place ses espoirs ou ses envies du moment, fussent-ils
nouveaux ou anciens. Je serais sans doute très mauvais
pêcheur, très mauvais réparateur de voiture, ou
très mauvais commercial, ce qui me semble normal puisque ce ne sont apparement
pas mes domaines de prédilection. Alors pourquoi se demander si
on y excellerait ? Plutôt rester sur les thèmes qui nous
sont chers, non ? En ce qui me concerne, je cherche à
m'épanouir dans quatre domaines : la musique,
l'électronique, l'informatique et l'écriture. Chacun de
ces domaines me permet en effet de m'impliquer sur le thème de
la création, et cela tombe bien car j'adore inventer : compositions instrumentales ou chantées, conception de nouveaux objets
électroniques, développements de logiciels
et écriture de nouvelles.
Je n'ai pas abordé ces quatre domaines aux mêmes moments
de mon existence, et je trouve interressant aujourd'hui de regarder un
peu en arrière.
Bon en musique ?
J'avais 14 ans quand j'ai intégré un groupe de
musiciens, pour une période de 4 ans. C'était à l'école où j'allais à
l'époque (Auxerre, 89) et je jouais de la flute à bec avec quelques
camarades de classe qui eux aussi jouaient de la flute ou de la
guitare. Notre géniale prof quant à elle nous accompagnait au piano.
Les répétitions avaient lieu le mercredi après-midi et nous
accompagnions des chants dans les églises. Je pense que c'est l'esprit
d'équipe reçu à ce moment qui m'a plus ou moins guidé plus tard, aussi
bien pour les diverses chorales où je me suis inscrit, que pour les
réunions techniques sur mon lieu de travail professionnel.
J'ai abordé la composition musicale vers mes dix-huit ans, un
peu par hasard. Je prêtais ma voix pour des pubs sur une radio
locale, et bricolais quelques montages pour cette même radio
(moi-même ayant monté une
petite radio locale
à l'âge de 14 ans). Un jour, le propriétaire d'un
studio d'enregistrement s'est présenté au patron de la
radio pour demander s'il connaissait quelqu'un qui pourrait l'aider
à câbler ses machines. Le patron m'a désigné
d'office et j'ai bien entendu accepté. En remerciement de mes
services rendus, le propriétaire du studio m'a permis d'utiliser
son matériel quand le studio était libre. Vous imaginez
bien la joie que j'ai pu éprouver à ces instants ! Peu de
temps après, je faisais mon service militaire. J'ai
économisé plusieurs mois de soldes pour pouvoir me payer
un petit orgue électronique, dont je jouais dans la nature ou
dans ma chambre. Parfois seul, parfois en chantant avec mes camarades.
Sortit de mon service militaire, je suis aussitôt entré
dans la vie active. Mes premiers salaires sont tout naturellement
passés dans un enregistreur multipiste à K7 et une boite
à rythme. Et il n'aura pas fallu attendre très longtemps
pour m'offrir un synthé (Roland D50), des expandeurs (TX81Z,
D110, R8M), un échantillonneur (Akai S1100) et un ordinateur
associé au logiciel Pro 24 (remplacé par la suite par
Cubase et un CBX-D3). L'aventure avait démarrée. J'ai
passé des journées et des nuits entières à
composer, les périodes les plus prolifiques étant celles
où je sortais régulièrement en boite de nuit : je
rentrais chez moi avec un mélange touffus de musiques dans ma
tête, et il n'était alors pas question que je me couche
à cet instant !
Mon point de vue : j'ai parfois
de bonnes idées musicales, mais je ne sais que rarement les
transcrire sur papier ou sur support sonore. Alors j'enregistre
l'idée principale quand elle arrive, et peu importe si j'arrive
à la développer sur le moment. Je sais que je peux la
reprendre n'importe quand. J'ai à mon actif plus de 300 musiques
et je sais que plusieurs comportent de bonnes idées. De la
matière à moudre, en somme, je pense avoir du boulot pour
la retraite ;-)
Bon en électronique ?
J'ai commencé l'électronique bien avant la musique.
J'avais en effet 10 ans quand je découvrai dans une revue
Science et Vie, un montage électronique permettant de faire
clignoter alternativement deux petites ampoules électriques
(rubrique Physique amusante). Mon papa m'a aidé à
réaliser le montage, uniquement avec des dominos, sans aucune
soudure. J'étais émerveillé et j'étais content que mon papa ait
consacré du temps pour faire ça avec moi. A suivi l'apprentissage du
code de couleurs des
résistances et condensateurs, le déssoudage des
composants de vieux chassis de téléviseurs en panne, et
la construction de quelques
montages,
dont neuf sur dix ne fonctionnaient pas. Puis mon parrain m'a
abonné à la revue Elektor, ce qui a fait enfler ma passion pour les ouvrages du genre.
J'ai construit mon premier synthé monodique (et monotimbral) à l'âge de
14 ans. Petite anecdote : j'étais seul et je jouais sur ce petit synthé
de fortune dans ma chambre en chantant "Quand j'étais petit garçon"
(Michel Sardou), je m'en donnais vraiment à coeur joie. Une fois la
chanson finie, j'ai senti une présence derrière moi et me suis
retourné. Là, j'ai vu deux visages souriants, celui de ma maman et
celui de notre voisine, qui m'a dit que j'avais une très jolie voix. Je
suis devenu tout rouge mais comme il s'agissait d'un compliment je ne
leur en ai pas voulu de m'avoir écouté en cachette.
Mon point de vue : je me
considère plutôt bon dans ce domaine, et je connais
très bien mes limites. Je sais rapidement dire si je suis oui ou
non capable de réaliser telle ou telle chose.
Bon en informatique ?
Mon expérience dans l'informatique est la plus récente
des quatre. Les premiers ordinateurs familiaux qui ont atterri à
la maison étaient un Sinclair ZX81 et un Amstrad CPC464 (je ne
suis même plus sûr du nom du modèle). Mais aussi
curieux que cela puisse paraître, je n'étais pas
spécialement attiré par ces engins. Ma passion pour
l'informatique est vraiment née avec mon premier Atari 512 STF,
acheté avec le logiciel Pro 24 pour me permettre de composer
quelques airs de musique électronique. C'était bien des
années après - ma banque m'avait accordé pour cela
un prêt remboursable sur deux ans, et je m'étais alors
persuadé et même juré de ne me servir d'un
ordinateur que pour faire de la musique.
Pas question de penser programmation ! Bien évidement, l'avenir
en a décidé autrement. Passé l'apprentissage du
traitement de texte et de retouche d'image, j'ai sombré dans la
programmation avec l'idée première de développer
un logiciel de création sonore, ou pour être plus
précis, un logiciel de création de paramètres
aléatoires pour mes synthés. Bien sûr, je me suis
lamentablement enlisé dans les lignes de code et le logiciel n'a jamais abouti. Mais la
machine était en marche, et j'ai un peu
continué dans cette voie.
Mon point de vue : si je m'en
tiens aux développements simples, je me considère bon.
Là aussi, je connais très bien mes limites, et sais
rapidement dire si je suis oui ou non capable de réaliser telle
ou telle chose. Je suis plus prudent en informatique qu'en
électronique : je m'aventure moins facilement si je sens que
ça risque de me prendre trop de temps pour pas grand chose
(l'informatique est plus ingrate, on se rend moins compte des heures de
travail passées).
Bon en écriture ?
Mes premiers écrits sont venus assez tôt, puisque je
n'avais pas dix ans lorsque que je notais mes rêves sur un
cahier. Pas d'invention, uniquement du descriptif. Quelques
poèmes entre 11 et 15 ans - comme bien d'autres enfants, premières nouvelles à l'âge de 18 ans, et
quelques publications
techniques
quelques années plus tard. J'ai toujours aimé
écrire, cela doit transpirer un peu sur ce site. Cette passion
va de pair, je pense, avec mon amour du partage du savoir, qui me sert
au quotidien (pour ce site et pour les formations professionnelles que
j'assure). J'attache beaucoup d'importance à ce que mes
écrits (techniques et autres) soient agréables à
lire, et suis très attentifs aux remarques permettant de les
améliorer. Je consacre vraiment beaucoup de temps pour
écouter et pour corriger.
Mon point de vue : très bon
dans le domaine technique (rédaction d'articles, de procédures de
maintenance, de manuels utilisateur), et encore des progrès à faire
pour les
nouvelles. Mais je commence à trouver mon rythme et mon style.
Bon ailleurs ?
En relisant les lignes qui précèdent, je constate que je
me considère bon ou plutôt bon dans les domaines
précités, et non excellent. Ce qui me laisse de l'espoir
pour m'améliorer :-)
Alors qu'un jour je remettais
en cause mes capacités dans la composition musicale, quelqu'un m'a
écrit ceci :
"Tu as très certainement un talent,
qui se traduit quand tu
composes, et qui se sent peut être moins quand tu
enregistres... Donc tu es compositeur amateur, et comme j'ai vu
que tu es
aussi electronicien et programmeur, ça veut
donc dire qu'en terme de spécialités ou talents tu
cartonnes déja sur 3 domaines différents ! Que veux-tu de
plus, être aussi ingénieur du son / mastering ??? Il y en
a
suffisamment sur le marché, laisses les faire leur boulot.
Concentre toi sur tes compos, joue ces petites notes qui se suivent, tu
fais ça très très bien."
Il s'agit d'une des remarques extérieures qui m'a fait le plus
réfléchir. On sait bien qu'on ne peut pas être bon
partout. Mais on occulte plus ou moins volontairement ce point, par
peur peut-être de paraître ridicule à des moments
où on n'en n'a pas besoin. Je me dis aussi que cela met en
lumière un de mes plus gros défauts : celui de vouloir
parfois à tout prix assumer un travail tout seul. Travailler
avec d'autres ne m'est pourtant pas du tout désagréable
(de nombreuses expériences passées et en cours me le
prouvent). Alors où est le problème ? Sans doute de
n'avoir pas accepté pendant longtemps mon statut d'incapable sur
certains domaines. On essaie, on n'y arrive pas, on insiste et on
persiste, refusant de voir l'évidence : on ne sait pas faire. Et
pour ma musique notemment, ce point était vital pour moi. Je ne
passe donc plus des heures à tenter de fignoler un morceau de
musique en l'attaquant par le côté "muraille"; je le
conserve en me disant qu'un jour il devra être travaillé
par une personne qui sait. Très tôt, je rêvais de
faire des musiques de film, et j'ai cru pendant des années que
celà se réaliserait, qu'il suffisait simplement de
quelques années de travail. Mais on n'écrit pas des
musiques de film comme ça, le soir, après le boulot,
surtout quand on élève cinq enfants. J'ai donc
baissé la barre, et me contente de penser que mes compositions
serviront à des contes pour enfants ou génériques
d'émissions télévisées. Entre "viser haut
et ne rien faire aboutir" et "viser plus bas et y arriver", j'ai fais
mon choix. Mais c'est typiquement le genre de discours que j'entendais
souvent sans vouloir l'écouter. Je suis têtu, et je le
sais...
Bref...
Il en faut des expériences de tout poil pour avancer. On peut
comprendre plus ou moins vite, selon le nombre de
gadins qu'on se prend et la façon dont on se relève -
avec les bras plus en avant ou plus vers le bas. Le problème
avec moi, c'est que je ne me suis jamais ramassé de vrai gadin.
On pourrait dire que je suis chanceux, mais je n'en suis pas totalement
convaincu. J'ai quitté l'école pour faire mon service
militaire, et j'ai quité le service militaire pour entrer dans
la vie active, avec un répis de quinze petits jours. Oui, pour
le côté professionnel, j'ai été
particulièrement chanceux, et je ne me plaindrai pas. Pour la
musique, il me faudrait passer une étape supérieure :
celle du "direct live" par exemple. J'ai déjà vécu ça
par le passé, mais "en partie" seulement : dans un groupe
instrumental accompagnant des chanteurs, et plusieurs concerts dans des
groupes vocaux. Ce qu'il me faut maintenant, c'est jouer ou faire jouer
mes musiques. Les miennes. Reste à trouver la méthode qui
me conviendra et qui se fondra sans heurt avec mes impératifs
familiaux. J'ai quelques idées en tête... par exemple quitter pour de
bon l'entreprise où je bosse depuis 23 ans dans le domaine technique,
pour passer du côté "artistique". C'est parti mon kiki ! Et bien sûr la suite viendra avec.